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L’Union de Sainte-Cécile

L’Union de Sainte-Cécile, appelée aussi Fédération de Sainte-Cécile, ou dans certains cas Confédération de Sainte-Cécile (sont également employées les noms de Fédération de Sainte-Cécile du Comtat Venaissin, Confédération de Sainte-Cécile du Comtat Venassin, ou encore Union de Sainte-Cécile du Comtat Venaissin / mais également Union de Santa-Cecilia dau Comtat Venaissin (prononcé Unioun dé Santo Cecilio dow Coumtat Vénaillssi) en occitan comtadin) est une fédération politique, militaire et administrative rassemblant près de 68 communes du Comtat Venaissin face à l’invasion des hordes françaises dans le Comtat Venaissin au travers d’Avignon. Cet article revient en détails sur toute l’histoire de cette Union.

Blason de l’Union de Sainte-Cécile, comportant les clefs du Comtat et la Harpe de Sainte-Cécile sur fond azur

Le premier siège de Carpentras : les prémices de la formation de la Fédération de Sainte Cécile

À la suite des troubles d’Avignon qui eurent lieu dès 1789, des hordes
françaises se basèrent à Avignon et envisagèrent de partir pour une guerre de « conquête » du Comtat Venaissin dans l’idéal du rattachement du Comtat Venaissin à la France. Alors que ces hordes commencèrent à piller certaines villes et villages sans défense, le siège de Carpentras se fit sentir au début de l’année 1791.Le rassemblement de l’Union et l’annexion du Comtat Venaissin

Après ces diverses batailles et l’incroyable résistance de Carpentras, l’Union de Sainte-Cécile désordonnée par sa défaite lors de la bataille de Tourreau, se rassembla de nouveau sous l’impulsion de Carpentras et de Valréas. Une armée de plus de 12 000 soldats fut levée et deux corps d’armée furent formés. Le premier corps d’armée avait pour point de ralliement Brantes, tandis que le deuxième avait pour point de ralliement la Tour-de-Saban. L’objectif de l’Union de Sainte-Cécile était alors de s’emparer de la majorité des territoires sous contrôle de l’armée française patriote, avant de s’élancer en direction du camp de Monteux.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1791, le corps d’armée de Brantes s’empara du Barroux lors de la bataille du Barroux et s’empara de deux pièces de canons tandis qu’elle fit près de 30 prisonniers de l’armée française patriote. Le 12 juin 1791, le même corps d’armée de l’Union s’empara de Caromb, Mazan, Malemort, Saint-Didier et Aubignan sans trop de difficulté puisque les soldats de l’armée française patriote positionnés dans ces villes fuirent face à l’arrivée de l’Union de Sainte-Cécile. Plusieurs batailles éclatèrent également entre les deux armées, à Cavaillon et à Gigondas. Les combats furent par la suite du mois de juin moins intense suite aux promesses des émissaires français venus pour « rétablir la paix ». Le 29 juin finalement, l’armée française patriote se retira de la ville de Monteux pour revenir à Avignon, où l’armée patriote fut dissoute.

Le Comtat était alors dépeuplé de ses habitants, et beaucoup de partisans de l’Union de Sainte-Cécile et de l’indépendance du Comtat Venaissin avaient été massacrés ou fait prisonnier lors de l’été 1791 et avant. Dès lors le stratagème français fut de mettre tout en oeuvre pour annexer au plus vite le Comtat Venaissin. C’est dans cette lignée que fut convoquée une assemblée à Bédarrides, le 18 août 1791, rassemblant des patriotes français qui s’autoproclamèrent représentants du peuple et des communes du Comtat Venaissin, puis qui décidèrent de rattacher le Comtat Venaissin à la France.

L’Union de Sainte-Cécile ne fut jamais dissoute et les actes de résistances perdurèrent encore longtemps dans le Comtat Venaissin.

Les communes qui rejoingnèrent l’Union de Sainte-Cécile (Membres, sympathisants)
  • Aubignan
  • Le Barroux
  • Le Beaucet
  • Beaumes
  • Beaumont
  • Bédarrides
  • Bedoin
  • Blauvac
  • Bollène
  • Bonnieux
  • Le Bouchet
  • Brantes
  • Buisson
  • Cabrières
  • Caderousse
  • Cairanne
  • Caromb
  • Carpentras
  • Caumont
  • Cavaillon
  • Cheval-Blanc
  • Crestet
  • Crillon
  • Entrechaux
  • Entraigues
  • Eyrolles
  • Faucon
  • Flassan
  • Gadagne
  • Grillon
  • Javon
  • Jonquerettes
  • Lafare
  • Lagarde-Paréol
  • Lagnes
  • Lamotte
  • Lapalud
  • L’Isle-sur-la-Sorgue
  • Loriol
  • Malaucène
  • Malemort
  • Maubec
  • Mazan
  • Ménerbes
  • Méthamis
  • Modène
  • Mormoiron
  • Mornas
  • Oppède
  • Pernes
  • Les Pilles
  • Piolenc
  • Puyméras
  • Rasteau
  • Richerenches
  • Roaix
  • Robion
  • Rochegude
  • Lagnes
  • La Roque-Alric
  • La Roque-sur-Pernes
  • Rousset
  • Sablet
  • St Didier
  • St Saturnin
  • Saint-Léger
  • Saint-Pantaléon-les-Vignes
  • Saint-Pierre-de-Vassols
  • Saint-Romain-en-Viennois
  • Saint-Roman-de-Malegarde
  • Sainte-Cécile-les-Vignes
  • Sarrians
  • Saumanes
  • Savoillan
  • Séguret
  • Sérignan
  • Serres
  • Solérieu
  • Sorgues
  • Les Taillades
  • Thouzon
  • Le Thor
  • Tulette
  • Uchaux
  • Urban
  • Vacqueryras
  • Vaison
  • Valouse
  • Valréas
  • Vaucluse (Fontaine-de)
  • Vaux
  • Vedènes
  • Velleron
  • Venasque
  • Villedieu
  • Villès
  • Le Visan
Drapeau de guerre de l’Union de Sainte-Cécile

Sources :

  • Anonyme, « Mémoire de la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin », Volume 1, 1793.
  • Pierre Victor Malouet « Opinion de Malouet sur la réunion proposée du Comtat Venaissin à la France ».
  • Charles Soullier, « De la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin, en 1789 et années suivante », Volume 1, 1844.

Le 6 mai 1791, l’armée française patriote s’avança vers l’est de la ville, et se positionna dans un champ qui dominait la ville et que l’on appelle la Gardi, à 2 kilomètres des remparts de la ville. Les forces de l’Union, prévoyant cette attaque avaient fait placer plusieurs pièces d’artillerie sur les remparts Est. Très rapidement, l’armée française fut mise en déroute après avoir considérablement endommagé ses forces. L’armée française fut contrainte de prendre une autre position et ils ne commencèrent à faire feu que dans le début de l’après-midi. L’Union riposta de manière proportionnée aux tirs de canons français qui étaient moins soutenus que d’habitude. Révoltés par les pillages et les maisons que faisaient bruler les hommes de l’armée française patriote au loin, l’Union forma un détachement qui s’élança en dehors de la ville. Par chance, l’armée française patriote manquait de munitions et vers 14h30 lorsque le détachement s’élança vers les troupes française, s’engagea pleinement la bataille de la Gardi. Cette bataille fut meurtrière pour les forces françaises patriotes qui laissèrent beaucoup de morts et de blessés sur le champ de bataille. Le détachement poursuivit les soldats français jusque dans leur retranchement et les forces de l’Union n’eurent à déplorer qu’un seul mort et quelques blessés lors de cette victorieuse contre-offensive.

Le rassemblement de l’Union et l’annexion du Comtat Venaissin

Après ces diverses batailles et l’incroyable résistance de Carpentras, l’Union de Sainte-Cécile désordonnée par sa défaite lors de la bataille de Tourreau, se rassembla de nouveau sous l’impulsion de Carpentras et de Valréas. Une armée de plus de 12 000 soldats fut levée et deux corps d’armée furent formés. Le premier corps d’armée avait pour point de ralliement Brantes, tandis que le deuxième avait pour point de ralliement la Tour-de-Saban. L’objectif de l’Union de Sainte-Cécile était alors de s’emparer de la majorité des territoires sous contrôle de l’armée française patriote, avant de s’élancer en direction du camp de Monteux.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1791, le corps d’armée de Brantes s’empara du Barroux lors de la bataille du Barroux et s’empara de deux pièces de canons tandis qu’elle fit près de 30 prisonniers de l’armée française patriote. Le 12 juin 1791, le même corps d’armée de l’Union s’empara de Caromb, Mazan, Malemort, Saint-Didier et Aubignan sans trop de difficulté puisque les soldats de l’armée française patriote positionnés dans ces villes fuirent face à l’arrivée de l’Union de Sainte-Cécile. Plusieurs batailles éclatèrent également entre les deux armées, à Cavaillon et à Gigondas. Les combats furent par la suite du mois de juin moins intense suite aux promesses des émissaires français venus pour « rétablir la paix ». Le 29 juin finalement, l’armée française patriote se retira de la ville de Monteux pour revenir à Avignon, où l’armée patriote fut dissoute.

Le Comtat était alors dépeuplé de ses habitants, et beaucoup de partisans de l’Union de Sainte-Cécile et de l’indépendance du Comtat Venaissin avaient été massacrés ou fait prisonnier lors de l’été 1791 et avant. Dès lors le stratagème français fut de mettre tout en oeuvre pour annexer au plus vite le Comtat Venaissin. C’est dans cette lignée que fut convoquée une assemblée à Bédarrides, le 18 août 1791, rassemblant des patriotes français qui s’autoproclamèrent représentants du peuple et des communes du Comtat Venaissin, puis qui décidèrent de rattacher le Comtat Venaissin à la France.

L’Union de Sainte-Cécile ne fut jamais dissoute et les actes de résistances perdurèrent encore longtemps dans le Comtat Venaissin.

Les communes qui rejoingnèrent l’Union de Sainte-Cécile (Membres, sympathisants)
  • Aubignan
  • Le Barroux
  • Le Beaucet
  • Beaumes
  • Beaumont
  • Bédarrides
  • Bedoin
  • Blauvac
  • Bollène
  • Bonnieux
  • Le Bouchet
  • Brantes
  • Buisson
  • Cabrières
  • Caderousse
  • Cairanne
  • Caromb
  • Carpentras
  • Caumont
  • Cavaillon
  • Cheval-Blanc
  • Crestet
  • Crillon
  • Entrechaux
  • Entraigues
  • Eyrolles
  • Faucon
  • Flassan
  • Gadagne
  • Grillon
  • Javon
  • Jonquerettes
  • Lafare
  • Lagarde-Paréol
  • Lagnes
  • Lamotte
  • Lapalud
  • L’Isle-sur-la-Sorgue
  • Loriol
  • Malaucène
  • Malemort
  • Maubec
  • Mazan
  • Ménerbes
  • Méthamis
  • Modène
  • Mormoiron
  • Mornas
  • Oppède
  • Pernes
  • Les Pilles
  • Piolenc
  • Puyméras
  • Rasteau
  • Richerenches
  • Roaix
  • Robion
  • Rochegude
  • Lagnes
  • La Roque-Alric
  • La Roque-sur-Pernes
  • Rousset
  • Sablet
  • St Didier
  • St Saturnin
  • Saint-Léger
  • Saint-Pantaléon-les-Vignes
  • Saint-Pierre-de-Vassols
  • Saint-Romain-en-Viennois
  • Saint-Roman-de-Malegarde
  • Sainte-Cécile-les-Vignes
  • Sarrians
  • Saumanes
  • Savoillan
  • Séguret
  • Sérignan
  • Serres
  • Solérieu
  • Sorgues
  • Les Taillades
  • Thouzon
  • Le Thor
  • Tulette
  • Uchaux
  • Urban
  • Vacqueryras
  • Vaison
  • Valouse
  • Valréas
  • Vaucluse (Fontaine-de)
  • Vaux
  • Vedènes
  • Velleron
  • Venasque
  • Villedieu
  • Villès
  • Le Visan
Drapeau de guerre de l’Union de Sainte-Cécile

Sources :

  • Anonyme, « Mémoire de la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin », Volume 1, 1793.
  • Pierre Victor Malouet « Opinion de Malouet sur la réunion proposée du Comtat Venaissin à la France ».
  • Charles Soullier, « De la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin, en 1789 et années suivante », Volume 1, 1844.

Après ces trois échecs, l’armée française patriote affaiblie tenta de couper les vivres de la ville en brulant tous les moulins qu’elle pensait propres à fournir de quoi se nourrir à la ville et coupèrent l’aqueduc qui apportait l’eau potable à la ville. Heureusement, il y avait des moulins proches des remparts que jamais les troupes françaises n’osèrent approcher. Les forces de l’Union de Sainte-Cécile qui restaient à Carpentras, en retour, menèrent plusieurs expéditions grâce à de vaillants détachements pour rétablir les productions, réparer les dégâts laissés par l’armée française patriote et récupérer le contrôle de certains points stratégiques. Le peuple entier aida à ces tâches de rétablissement de la paix. Des détachements entiers de l’Union de Sainte-Cécile furent déployés pour assurer et protéger les récoltes, mais également pour les porter en toute sécurité jusqu’à Carpentras. Les munitions abandonnées et les boulets de canon tirés furent ramassés par les habitants et entreposés pour être réutilisés. Les femmes et même les enfants aidèrent grandement à ce grand effort collectif.

Le 6 mai 1791, l’armée française patriote s’avança vers l’est de la ville, et se positionna dans un champ qui dominait la ville et que l’on appelle la Gardi, à 2 kilomètres des remparts de la ville. Les forces de l’Union, prévoyant cette attaque avaient fait placer plusieurs pièces d’artillerie sur les remparts Est. Très rapidement, l’armée française fut mise en déroute après avoir considérablement endommagé ses forces. L’armée française fut contrainte de prendre une autre position et ils ne commencèrent à faire feu que dans le début de l’après-midi. L’Union riposta de manière proportionnée aux tirs de canons français qui étaient moins soutenus que d’habitude. Révoltés par les pillages et les maisons que faisaient bruler les hommes de l’armée française patriote au loin, l’Union forma un détachement qui s’élança en dehors de la ville. Par chance, l’armée française patriote manquait de munitions et vers 14h30 lorsque le détachement s’élança vers les troupes française, s’engagea pleinement la bataille de la Gardi. Cette bataille fut meurtrière pour les forces françaises patriotes qui laissèrent beaucoup de morts et de blessés sur le champ de bataille. Le détachement poursuivit les soldats français jusque dans leur retranchement et les forces de l’Union n’eurent à déplorer qu’un seul mort et quelques blessés lors de cette victorieuse contre-offensive.

Le rassemblement de l’Union et l’annexion du Comtat Venaissin

Après ces diverses batailles et l’incroyable résistance de Carpentras, l’Union de Sainte-Cécile désordonnée par sa défaite lors de la bataille de Tourreau, se rassembla de nouveau sous l’impulsion de Carpentras et de Valréas. Une armée de plus de 12 000 soldats fut levée et deux corps d’armée furent formés. Le premier corps d’armée avait pour point de ralliement Brantes, tandis que le deuxième avait pour point de ralliement la Tour-de-Saban. L’objectif de l’Union de Sainte-Cécile était alors de s’emparer de la majorité des territoires sous contrôle de l’armée française patriote, avant de s’élancer en direction du camp de Monteux.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1791, le corps d’armée de Brantes s’empara du Barroux lors de la bataille du Barroux et s’empara de deux pièces de canons tandis qu’elle fit près de 30 prisonniers de l’armée française patriote. Le 12 juin 1791, le même corps d’armée de l’Union s’empara de Caromb, Mazan, Malemort, Saint-Didier et Aubignan sans trop de difficulté puisque les soldats de l’armée française patriote positionnés dans ces villes fuirent face à l’arrivée de l’Union de Sainte-Cécile. Plusieurs batailles éclatèrent également entre les deux armées, à Cavaillon et à Gigondas. Les combats furent par la suite du mois de juin moins intense suite aux promesses des émissaires français venus pour « rétablir la paix ». Le 29 juin finalement, l’armée française patriote se retira de la ville de Monteux pour revenir à Avignon, où l’armée patriote fut dissoute.

Le Comtat était alors dépeuplé de ses habitants, et beaucoup de partisans de l’Union de Sainte-Cécile et de l’indépendance du Comtat Venaissin avaient été massacrés ou fait prisonnier lors de l’été 1791 et avant. Dès lors le stratagème français fut de mettre tout en oeuvre pour annexer au plus vite le Comtat Venaissin. C’est dans cette lignée que fut convoquée une assemblée à Bédarrides, le 18 août 1791, rassemblant des patriotes français qui s’autoproclamèrent représentants du peuple et des communes du Comtat Venaissin, puis qui décidèrent de rattacher le Comtat Venaissin à la France.

L’Union de Sainte-Cécile ne fut jamais dissoute et les actes de résistances perdurèrent encore longtemps dans le Comtat Venaissin.

Les communes qui rejoingnèrent l’Union de Sainte-Cécile (Membres, sympathisants)
  • Aubignan
  • Le Barroux
  • Le Beaucet
  • Beaumes
  • Beaumont
  • Bédarrides
  • Bedoin
  • Blauvac
  • Bollène
  • Bonnieux
  • Le Bouchet
  • Brantes
  • Buisson
  • Cabrières
  • Caderousse
  • Cairanne
  • Caromb
  • Carpentras
  • Caumont
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  • Entrechaux
  • Entraigues
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  • Lagarde-Paréol
  • Lagnes
  • Lamotte
  • Lapalud
  • L’Isle-sur-la-Sorgue
  • Loriol
  • Malaucène
  • Malemort
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  • Mazan
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  • Oppède
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  • Les Pilles
  • Piolenc
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  • Rasteau
  • Richerenches
  • Roaix
  • Robion
  • Rochegude
  • Lagnes
  • La Roque-Alric
  • La Roque-sur-Pernes
  • Rousset
  • Sablet
  • St Didier
  • St Saturnin
  • Saint-Léger
  • Saint-Pantaléon-les-Vignes
  • Saint-Pierre-de-Vassols
  • Saint-Romain-en-Viennois
  • Saint-Roman-de-Malegarde
  • Sainte-Cécile-les-Vignes
  • Sarrians
  • Saumanes
  • Savoillan
  • Séguret
  • Sérignan
  • Serres
  • Solérieu
  • Sorgues
  • Les Taillades
  • Thouzon
  • Le Thor
  • Tulette
  • Uchaux
  • Urban
  • Vacqueryras
  • Vaison
  • Valouse
  • Valréas
  • Vaucluse (Fontaine-de)
  • Vaux
  • Vedènes
  • Velleron
  • Venasque
  • Villedieu
  • Villès
  • Le Visan
Drapeau de guerre de l’Union de Sainte-Cécile

Sources :

  • Anonyme, « Mémoire de la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin », Volume 1, 1793.
  • Pierre Victor Malouet « Opinion de Malouet sur la réunion proposée du Comtat Venaissin à la France ».
  • Charles Soullier, « De la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin, en 1789 et années suivante », Volume 1, 1844.

L’Assemblée Représentative du Comtat Venaissin sentit l’imminence du danger et décida de se pourvoir de moyens de résistance plus que nécessaires en cette période. Elle obtenue le rassemblement de l’ensemble des troupes du Haut-Comtat alors que le Bas-Comtat, et tout particulièrement Cavaillon, était sous le feu des hordes qui forcèrent une grande partie de la population au déplacement, le 10 janvier 1791.

L’Assemblée Représentative du Comtat Venaissin se prépara à l’invasion, et
envoya près de 300 hommes couper l’ensemble des ponts entre Avignon et
Carpentras, construire des retranchements et y établir des corps d’armée comtadin afin de stopper l’avancée de la horde française. Un contingent d’hommes comtadin s’avança jusqu’au bois de Gigondas entre Bédarrides et Entraigues. Une fois arrivé au bois, une suspicion d’embuscade s’installe dans les troupes et dans une grande confusion, l’arrière-garde se met à tirer sur l’avant-garde, après le tumulte, le détachement retourne à Carpentras.

Le 21 janvier 1791, une horde française sous la forme d’une armée de 5 000 hommes part d’Avignon en direction de Carpentras. Le soir du 21 janvier, ils établissent un camp au bois de Gingondas. Face à la menace qui se rapproche, lepeuple comtadin se prépare à l’attaque de cette armée et barricade la ville de Carpentras. Les hommes, les femmes, les enfants et même les hommes d’Église s’arment pour faire face. La horde française pose alors le siège de la ville de Carpentras qui est très organisée face à cette invasion. La horde, venue d’Avignon, exige de la part des habitants plusieurs revendications dégradantes, financières et humaines, afin de lever le siège. Cependant, ne pouvant tenir bien longtemps et la grêle s’étant abattue sur leur camp de siège, l’armée est forcée de rentrer à Avignon.

Cependant les chefs des hordes françaises gardèrent une grande amertume de cette défaite et préparèrent une nouvelle expédition en jurant de tuer tous les habitants et de détruire complètement la ville. À la horde initiale s’ajouta de nouvelles troupes constituées de soldats français, mais également de provençaux venus d’Arles et de Marseille. Des commissaires d’Avignon furent envoyés pour parlementer à Carpentras, notamment concernant les prisonniers qui avaient été faits. L’Assemblée Représentative du Comtat Venaissin concéda à un échange de prisonniers en libérant les soldats français qu’elle avait fait, en se fiant à la bonne parole de ces commissaires. Sur les 77 prisonniers, les forces de lahorde française d’Avignon n’en libérèrent que 8.

Par un habile stratagème, l’Assemblée Représentative du Comtat Venaissin
dans la ville de Carpentras arriva à ramener deux canons en provenance de
Marseille. Alors que la horde d’Avignon avait eu vent de cette ruse, ils
attendirent le passage du cortège par le chemin ordinaire. La bravoure de ce convoi fut de détourner l’attention de la horde en passant les canons par les monts du Luberon et de Vaucluse, au travers d’un difficile périple afin de garantir leur arrivée à Carpentras.

Le refus du rattachement et la création de la Fédération de Sainte-Cécile

Après ces événements et ces premières victoires comtadines, l’Assemblée nationale française à Paris croit les dires des hordes françaises qui se vantent de plusieurs victoires dans le Comtat Venaissin et à ce qui lui fut rapporter d’une « complète » adhésion du peuple du Comtat Venaissin à la Consitution française. Une Assemblée électorale du Vaucluse est établie à Avignon par plusieurs partisans du rattachement d’Avignon et du Comtat Venaissin à la France et notamment des français envoyés par Paris. Cette Assemblée prétend représenter de manière démocratique le peuple du Comtat Venaissin, sans que celui-ci n’ait eu l’opportunité de s’exprimer à ce sujet. Cette Assemblée se donna le droit d’envoyer à Paris ses représentants pour plaider le rattachement du Comtat Venaissin à la France, et s’octroya le droit de recours à la force armée, au meurtre et au pillage envers toutes les Communes du Comtat Venaissin qui refuseraient de se joindre à cette Assemblée.

C’est en réaction à cela que fut véritablement fondée l’Union de Sainte-Cécile. Plusieurs communes du Haut-Comtat décidèrent de sortir de leur isolement afin de former une association fédérative capable de repousser efficacement les nouvelles offensives que préparaient alors les hordes françaises basées à Avignon.

Les toutes premières propositions d’association fédérative furent effectuées par Valréas au tout début du mois de février 1791. Le 7 février 1791, plusieurs représentants se réunir à Bollène afin de se mettre d’accord sur l’organisation d’une défense du Comtat Venaissin. C’est finalement les 14, 15 et 16 du mois de mars 1791 que les représentants de 34 communes du Comtat Venaissin se rassemblèrent dans la commune de Sainte-Cécile (aujourd’hui dénommé Sainte-Cécile-lès-Vignes) afin de former officiellement cette association défensive qui décida d’accueillir toutes les autres communes qui souhaitaient y participer. 7 Commissaires de l’Union furent nommés, avec le consentement de n’avoir d’autres intérêts que ceux de la patrie comtadine dans la promotion et le maintien de la paix dans le Comtat Venaissin. L’Union se dota également de pouvoirs propres afin d’employer sur les lieux tous les moyens de transaction et au besoin la force, pour résister à l’oppression de l’ennemi commun. Il fut également décidé d’envoyer un représentant auprès de l’Assemblée nationale française à Paris afin de demander des explications sur le comportement de cette instance et demander une protection pour les droits et la souveraineté des comtadins. Ces tentatives de dialogues furent cependant vaines.

Le 22 mars 1791, l’Assemblée électorale de Vaucluse fit l’émission d’un arrêté qui établissait une force soldée fixée à 1 000 hommes d’infanterie et 300 de cavalerie.

L’Union de Sainte-Cécile prit rapidement de l’importance et dès le mois d’avril 1791, sur les 93 communes du Comtat Venaissin, 60 étaient alors membres de l’Union de Sainte-Cécile. Il est communément admis que sur les 33 communes restantes, plusieurs auraient rejoint l’Union si des détachements français n’avaient pas été présents dans ces communes, notamment proches d’Avignon et dans le Bas-Comtat, près de Cavaillon où des hordes s’étaient installées en bastion après la fuite d’une majorité de la population.

L’attaque des troupes françaises fut retardée par des divisions internes et deux chefs se disputèrent alors le commandement des hordes. Une fois la discorde réglée, plusieurs émissaires de cette armée de français s’en allèrent faire du recrutement au travers tout le Languedoc et la France en promettant de grandes richesses à tous, et plusieurs avantages à ceux qui serviraient dans les rangs de cette armée. Les Confédérés de Sainte-Cécile se préparèrent autant qu’ils pouvaient face au grossissement des rangs de l’armée française.

Au même moment, un certain La Villasse, à la tête d’une horde française semait la panique dans la ville de Vaison et ses alentours, ayant forcé la grande majorité de ses habitants à se réfugier à Valréas. La Villasse commis plusieurs actes de barbarie autour de Vaison et notamment se chargea se faire couper le canal qui servait à faire tourner les moulins de Séguret et alimenter en eau le territoire de cette commune. Après avoir envoyé une lettre de sommation et d’avertissement pour régler le différend de la façon la plus pacifique, les Chefs de l’Union de Sainte-Cécile ne purent laisser impunis ces crimes et les affronts que leur fit La Vilasse.

L’État-Major de l’Union de Sainte-Cécile décida alors de porter secours aux habitants de Vaison et de rendre justice à ceux qui avaient été massacrés par cette horde. Le 14 avril 1791, plusieurs détachements militaires de l’Union de Sainte-Cécile arrivèrent aux portes de la ville de Vaison à la tombée de la nuit. À 3h30 du matin, un détachement s’empara des portes de la ville, un autre de la Maison Consulaire de la ville et un dernier du château occupé par La Villasse à 500 mètres de la maison consultaire. La Villasse est réveillé par les coups de fusil et entrevoit des soldats de l’Union en train de forcer la porte du château qu’il occupe, pris de panique, il appelle à l’aide. Le détachement comtadin de l’Union de Sainte-Cécile entra dans le château et des soldats le sommèrent de se rendre, ce qu’il refusa fermement en insultant le détachement. Alors qu’il tentait de s’échapper par des escaliers dérobés, il est abattu. Le sous-commandant de La Villasse, averti par le tumulte et par plusieurs de ses hommes, se barricada dans une maison proche de la maison consulaire. Un autre détachement de l’Union de Sainte-Cécile enfonça la porte de la maison et se retrouva face au feu de l’ennemi. Après avoir abattu plusieurs hommes, ils retrouvèrent le sous-commandant de La Villasse dans la cave, armé d’un pistolet et d’un sabre. Il menaça les hommes qui s’approchent de lui avec une proposition de reddition. Finalement, il fit feu et blessa un homme du Détachement de l’Union, en réaction, les autres soldats firent feu et l’abattirent. Les autres hommes de l’armée de La Vilasse s’enfuirent alors dans la nuit, tandis que les habitants qui avaient fuient retrouvèrent leurs biens et leur ville dans les jours qui suivirent le retour au calme.

L’armée française, dite également armée des brigands, finit par sortir de la ville d’Avignon en direction de la plaine comtadine le 18 avril 1791. Cette armée était composée de soldats déserteurs de l’armée française, de brigands français, de contrebandiers et même de soldats réguliers de l’armée française. Elle était composée de près de 7 000 hommes et disposait de 22 canons de différents calibres.

Ce déplacement prévu, mais qui fut soudain agita rapidement le Haut-Comtat et l’Union de Sainte-Cécile s’organisa rapidement en rassemblant près de 3 000 hommes, commandés par des Chefs qu’on décrit souvent comme plein de bravoure. L’armée de l’Union de Sainte-Cécile se dirigea vers Carpentras, alors que l’avant-garde de l’armée française des brigands s’était jetée sur Monteux. L’armée de l’Union se plaça alors au niveau de Sarrians afin d’avoir un accès privilégié à la ville de Carpentras et de surveiller Monteux. La ville de Carpentras fit sortir près de 500 hommes accompagnés par les 6 petites pièces d’artillerie dont disposait la ville, et ce détachement se plaça sur la ligne de Sarrians, sur le flanc gauche de l’armée française des brigands, afin de leur barrer la route de Carpentras. La nuit du 18 avril 1791, l’armée française passa la nuit à Bédarrides et le lendemain s’élança vers Sarrians en passant par Courthézon.

Le 19 avril 1791, l’armée française des brigands s’empara du Château de Tourreau, tout proche de Sarrians et se retrancha dans les environs. L’armée de l’Union de Sainte-Cécile tenta alors une manoeuvre militaire en divisant ses troupes. Tandis qu’une partie de l’Armée comtadine s’avança vers l’ennemi pour arrêter leur afflux, l’autre partie aidée par les hommes postés vers Carpentras se mirent en retrait pour préparer la défense. Il était difficile pour l’armée de l’Union de faire face à une telle armée qui avait la supériorité du nombre et de l’équipement. Leur seule force était d’attendre que les ennemis sortent de leurs postes couverts par des haies et des murailles, afin de les prendre à revers dans une position défensive absolue. C’était cette stratégie que l’État-Major de l’Union de Sainte-Cécile avait initialement choisie. Cependant, les comtadins, exaltés par l’envie de rendre justice et d’en venir au combat face à leur ennemi, dérogèrent à la vision générale de l’Etat-Major. Alors que la grande partie des hommes demandèrent le combat, les Chefs de l’Etat-Major ne purent que s‘y résoudre à regret face à l’enthousiasme et les cris de combat de leurs hommes.

L’armée comtadine attaque par 3 fois les retranchements de l’armée française, mais elle fut repoussée à chaque fois par le feu de leur puissante artillerie. Le Corps de Carpentras s’avança également pour être à portée avec leurs petits canons et malgré les coups que ce Corps envoya, les troupes françaises des brigands ne bougèrent pas de leurs positions. L’Armée comtadine de l’Union de Sainte-Cécile se retrouva désordonnée par la puissance de feu de l’armée française et les hommes firent retraite dans le Haut-Comtat, tandis que le détachement de Carpentras rentra dans la ville. La bataille de Tourreau (appelée aussi bataille de Sarrians) fit beaucoup de morts du côté comtadin.

Après leur victoire, les troupes françaises se ruèrent sur Sarrians et y commirent les pires atrocités possible (pillages, incendies, massacres, viols…). Après cette défaite, beaucoup d’hommes furent désarmés et massacrés pour avoir participé à l’Union de Sainte-Cécile et aux combats.

Le chevalier de Tourreau fut fait prisonnier, sa mère fut massacrée après avoir essayé de prendre sa défense. Plusieurs paysans des alentours du champ de bataille furent égorgés sans aucune forme de pitié. Aux alentours du château de Tourreau, 5 paysans furent sauvagement assassinés tandis qu’une fillette de 10 ans fut égorgée après avoir été violée. Plusieurs centaines de femmes (même enceintes), de jeunes nourrissons et des vieillards de plus de 70 ans furent massacrés par les hommes de l’armée française des brigands dans la journée suivant la bataille de Tourreau. Lorsque les troupes entrèrent dans Sarrians, ils massacrèrent le curé du village qui avait alors fait agiter un drapeau blanc en guise de demande au dialogue, mais les hommes de l’armée française n’eurent aucune pitié et ils massacrèrent ceux qui n’avaient pas réussi à s’enfuir à temps.

Le deuxième siége de Carpentras : la Résistance de l’Union de Sainte-Cécile

La ville de Carpentras résista encore longtemps aux assauts de l’armée française et ne fut jamais réellement prise. L’armée française des brigands encercla la ville en prenant position au Barroux, à Mazan, à Pertuis ainsi qu’à Méthamis. Durant cette période de siège le Comtat fut en état d’occupation et tandis que tous les opposants à l’armée française furent arrêtés où exécutés sans jugement, un nombre très important de comtadins émigrèrent dans les communes françaises voisines du Comtat Venaissin.

Le 23 avril 1791, des sentinelles placées sur les remparts de Carpentras aperçurent de grandes quantités d’hommes et de chevaux se masser à près de 1,5 kilomètres au sud de la ville. Il était possible d’apercevoir des drapeaux français qui s’agitaient et qui ne laissaient pas de doute sur la nature de cette armée qui se regroupait. Les portes de la ville furent fermées et les habitants, bien déterminés prirent tous les armes et se rassemblèrent sur la place publique, avant de prendre position sur les remparts et faire face à l’assaut. Vers 12h, les coups de canon commencèrent à se faire entendre depuis la position de l’armée française et ils continuèrent sans interruption jusqu’à 17h. Plus de 300 boulets de 8, de 12 et de 24 furent lancés sur la ville de Carpentras dans la journée du 23 avril. Une grande partie des tirs furent dirigés contre l’hôpital de la ville qui était situé en dehors des remparts et qui accueillait les nombreux blessés de l’Union de Sainte-Cécile. Les soldats de l’Union retranchés dans Carpentras répondirent à ces coups avec le peu d’artillerie dont ils disposaient encore, mais conservèrent stratégiquement leurs forces. L’armée française pensant que les assiégés n’avaient plus suffisamment de munitions et que leurs bombardements avaient gravement endommagé les forces de l’Union, s’avança vers Pernes, à moins d’un kilomètre de la ville de Carpentras. C’est à ce moment-là, vers 17h30, que plusieurs détachements de l’Union de Sainte-Cécile firent une sortie avec un de leurs plus gros canons, et grâce à plusieurs coups consécutifs et une bonne maitrise du canon, ils firent plusieurs blessés et morts du côté de l’armée française des brigands qui, désorganisés, furent dispersés dans la campagne environnante. Cet événement est communément appelé la bataille de Pernes.

Les mémoires de l’époque racontent que pendant les cinquante jours que dura le deuxième siège de Carpentras, les hommes de l’Union de Sainte-Cécile se distinguèrent par la bravoure et le courage, face aux hommes de l’armée française patriote qui s’illustra par sa lâcheté et ses brigandages. On dit que les patriotes français ravagèrent les campagnes, brulèrent les métairies et tuèrent bon nombre d’innocents civils. Ils enlevaient les chevaux destinés aux travaux d’agriculture, ils faisaient prisonniers des femmes et des enfants qu’ils trouvaient dans la campagnes et forçaient les habitants des fermes à porter les armes contre leurs frères en les exposants aux premiers feux.

Le 25 avril 1791, l’armée française patriote s’élança en direction de Carpentras en passant par Sarrians. Arrivée à Loriol, les troupes françaises patriotes s’élancèrent en direction des remparts de Carpentras, mais cette fois-ci les soldats de l’Union n’attendirent pas l’attaque et ils répondirent par plusieurs coups de canon qui forcèrent les soldats de l’armée française patriote à faire marche arrière et se retrancher derrière des maisons de campagne environnantes. Depuis leurs retranchements, l’armée française patriote dressa ses batteries de canons et commença a faire feu toute la journée, mais aucun des obus, des boulets et des bombes me causèrent de brèche ou d’incendie dans la ville. À la fin de la journée, ils se retirèrent dans leur camp de Monteux. Cet événement est communément appelé la bataille de la Crosette.

Le 27 avril 1791, l’armée française patriote tente une nouvelle fois une attaque, encore une fois du côté nord de la ville de Carpentras. L’armée de l’Union de Sainte-Cécile avait pris soin de placer deux gros canons aux extrémités nord-ouest et nord-est des remparts et le feu de ces canons blessa plusieurs canonniers français tandis que le reste de l’armée prit une nouvelle fois la fuite en direction de Monteux. Cet événement est communément appelé la bataille Consenas.

Après ces trois échecs, l’armée française patriote affaiblie tenta de couper les vivres de la ville en brulant tous les moulins qu’elle pensait propres à fournir de quoi se nourrir à la ville et coupèrent l’aqueduc qui apportait l’eau potable à la ville. Heureusement, il y avait des moulins proches des remparts que jamais les troupes françaises n’osèrent approcher. Les forces de l’Union de Sainte-Cécile qui restaient à Carpentras, en retour, menèrent plusieurs expéditions grâce à de vaillants détachements pour rétablir les productions, réparer les dégâts laissés par l’armée française patriote et récupérer le contrôle de certains points stratégiques. Le peuple entier aida à ces tâches de rétablissement de la paix. Des détachements entiers de l’Union de Sainte-Cécile furent déployés pour assurer et protéger les récoltes, mais également pour les porter en toute sécurité jusqu’à Carpentras. Les munitions abandonnées et les boulets de canon tirés furent ramassés par les habitants et entreposés pour être réutilisés. Les femmes et même les enfants aidèrent grandement à ce grand effort collectif.

Le 6 mai 1791, l’armée française patriote s’avança vers l’est de la ville, et se positionna dans un champ qui dominait la ville et que l’on appelle la Gardi, à 2 kilomètres des remparts de la ville. Les forces de l’Union, prévoyant cette attaque avaient fait placer plusieurs pièces d’artillerie sur les remparts Est. Très rapidement, l’armée française fut mise en déroute après avoir considérablement endommagé ses forces. L’armée française fut contrainte de prendre une autre position et ils ne commencèrent à faire feu que dans le début de l’après-midi. L’Union riposta de manière proportionnée aux tirs de canons français qui étaient moins soutenus que d’habitude. Révoltés par les pillages et les maisons que faisaient bruler les hommes de l’armée française patriote au loin, l’Union forma un détachement qui s’élança en dehors de la ville. Par chance, l’armée française patriote manquait de munitions et vers 14h30 lorsque le détachement s’élança vers les troupes française, s’engagea pleinement la bataille de la Gardi. Cette bataille fut meurtrière pour les forces françaises patriotes qui laissèrent beaucoup de morts et de blessés sur le champ de bataille. Le détachement poursuivit les soldats français jusque dans leur retranchement et les forces de l’Union n’eurent à déplorer qu’un seul mort et quelques blessés lors de cette victorieuse contre-offensive.

Le rassemblement de l’Union et l’annexion du Comtat Venaissin

Après ces diverses batailles et l’incroyable résistance de Carpentras, l’Union de Sainte-Cécile désordonnée par sa défaite lors de la bataille de Tourreau, se rassembla de nouveau sous l’impulsion de Carpentras et de Valréas. Une armée de plus de 12 000 soldats fut levée et deux corps d’armée furent formés. Le premier corps d’armée avait pour point de ralliement Brantes, tandis que le deuxième avait pour point de ralliement la Tour-de-Saban. L’objectif de l’Union de Sainte-Cécile était alors de s’emparer de la majorité des territoires sous contrôle de l’armée française patriote, avant de s’élancer en direction du camp de Monteux.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1791, le corps d’armée de Brantes s’empara du Barroux lors de la bataille du Barroux et s’empara de deux pièces de canons tandis qu’elle fit près de 30 prisonniers de l’armée française patriote. Le 12 juin 1791, le même corps d’armée de l’Union s’empara de Caromb, Mazan, Malemort, Saint-Didier et Aubignan sans trop de difficulté puisque les soldats de l’armée française patriote positionnés dans ces villes fuirent face à l’arrivée de l’Union de Sainte-Cécile. Plusieurs batailles éclatèrent également entre les deux armées, à Cavaillon et à Gigondas. Les combats furent par la suite du mois de juin moins intense suite aux promesses des émissaires français venus pour « rétablir la paix ». Le 29 juin finalement, l’armée française patriote se retira de la ville de Monteux pour revenir à Avignon, où l’armée patriote fut dissoute.

Le Comtat était alors dépeuplé de ses habitants, et beaucoup de partisans de l’Union de Sainte-Cécile et de l’indépendance du Comtat Venaissin avaient été massacrés ou fait prisonnier lors de l’été 1791 et avant. Dès lors le stratagème français fut de mettre tout en oeuvre pour annexer au plus vite le Comtat Venaissin. C’est dans cette lignée que fut convoquée une assemblée à Bédarrides, le 18 août 1791, rassemblant des patriotes français qui s’autoproclamèrent représentants du peuple et des communes du Comtat Venaissin, puis qui décidèrent de rattacher le Comtat Venaissin à la France.

L’Union de Sainte-Cécile ne fut jamais dissoute et les actes de résistances perdurèrent encore longtemps dans le Comtat Venaissin.

Les communes qui rejoingnèrent l’Union de Sainte-Cécile (Membres, sympathisants)
  • Aubignan
  • Le Barroux
  • Le Beaucet
  • Beaumes
  • Beaumont
  • Bédarrides
  • Bedoin
  • Blauvac
  • Bollène
  • Bonnieux
  • Le Bouchet
  • Brantes
  • Buisson
  • Cabrières
  • Caderousse
  • Cairanne
  • Caromb
  • Carpentras
  • Caumont
  • Cavaillon
  • Cheval-Blanc
  • Crestet
  • Crillon
  • Entrechaux
  • Entraigues
  • Eyrolles
  • Faucon
  • Flassan
  • Gadagne
  • Grillon
  • Javon
  • Jonquerettes
  • Lafare
  • Lagarde-Paréol
  • Lagnes
  • Lamotte
  • Lapalud
  • L’Isle-sur-la-Sorgue
  • Loriol
  • Malaucène
  • Malemort
  • Maubec
  • Mazan
  • Ménerbes
  • Méthamis
  • Modène
  • Mormoiron
  • Mornas
  • Oppède
  • Pernes
  • Les Pilles
  • Piolenc
  • Puyméras
  • Rasteau
  • Richerenches
  • Roaix
  • Robion
  • Rochegude
  • Lagnes
  • La Roque-Alric
  • La Roque-sur-Pernes
  • Rousset
  • Sablet
  • St Didier
  • St Saturnin
  • Saint-Léger
  • Saint-Pantaléon-les-Vignes
  • Saint-Pierre-de-Vassols
  • Saint-Romain-en-Viennois
  • Saint-Roman-de-Malegarde
  • Sainte-Cécile-les-Vignes
  • Sarrians
  • Saumanes
  • Savoillan
  • Séguret
  • Sérignan
  • Serres
  • Solérieu
  • Sorgues
  • Les Taillades
  • Thouzon
  • Le Thor
  • Tulette
  • Uchaux
  • Urban
  • Vacqueryras
  • Vaison
  • Valouse
  • Valréas
  • Vaucluse (Fontaine-de)
  • Vaux
  • Vedènes
  • Velleron
  • Venasque
  • Villedieu
  • Villès
  • Le Visan
Drapeau de guerre de l’Union de Sainte-Cécile

Sources :

  • Anonyme, « Mémoire de la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin », Volume 1, 1793.
  • Pierre Victor Malouet « Opinion de Malouet sur la réunion proposée du Comtat Venaissin à la France ».
  • Charles Soullier, « De la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin, en 1789 et années suivante », Volume 1, 1844.

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