Robert Brassier de Jocas est né à Pernes dans le Comtat Venaissin en 1595. Fils d’Allemand Brassier de Jocas (descendant de la noblesse pernoise) et de Madeleine de Cheilus (fille du co-segneur de Venasque et de Saint-Didier) semble avoir fuit le pays à cause des persécussions religieuse dont il fut victime en tant que protestant. Il parti donc s’établir à Calvert dans le Maryland, dans ce qui était la toute jeune colonie de Virginie (actuellement États-Unis). Il est l’un des 1 000 premiers colons à venir s’établir là-bas et semble s’être marié juste avant de partir pour le nouveau monde en 1622 à Pernes avec Elizabeth Florence Fowke (Descendante de nobles anglais). Aujourd’hui, un nombre important d’américains descendents directement de ce couple et de leurs 9 enfants.
Cavaillon (Cavalhon en occitan comtadin, prononcé [Cavaillou]) est une ville du Bas-Comtat.
Le nom de la ville de Cavaillon est mentionné pour la toute première fois au 13ème siècle, sous la forme Cavallo. C’est de cette époque que datent les premières fortifications de la ville.
Orange (Aurenja en occitan comtadin, prononcé [Owrènjo]) est l’ancienne capitale de la Principauté d’Orange, de langue et de culture comtadino-rhodanienne.
Dès l’antiquité, le territoire de la commune fut le théatre d’une grande bataille (entre Orange et Châteauneuf-du-Pape). Ce que l’on appelle la bataille d’Arausio opposa l’armée romaine aux peuples Cimbres, Teutons et Tigurins, le 6 octobre 105 avant J.-C. La désorganisation de l’armée romaine, couplée à une mésentente entre les deux principaux généraux romains, Servilius Cæpio et Mallius Maximus mène à la victoire de la coalition celto-germanique. Les historiens estiment qu’environ 84 000 légionnaires romains furent tués, c’est l’une des plus grande défaite romaine de l’Antiquité. Finalement, trois ans plus tard, l’armée des Teutons sera vaincue par Caius Marius à la bataille d’Aquæ Sextiæ (Aix-en-Provence).
La ville d’Orange est cependant véritablement fondée en 35 avant J.-C par la Legio II Gallica sous le nom de Colonia Julia Secundanorum Arausio.
De cette époque de développement gallo-romain, la ville conserve encore beaucoup de vestiges aujourd’hui. Les lots fonciers sont prioritairement attribués aux vétérans des légions romaines. La ville est une colonie romaine fleurissante qui met en valeur le sol au détriment des autochtones. Cette période de prospérité gallo-romaine dure jusqu’en 412, date à laquelle une armée Wisigoth organise un pillage de la cité.
En 1163, l’Empereur Frédéric Barberousse donne à la ville d’Orange le rand de Principauté et les princes d’Orange battent leur propre monnaie pour la première fois en 1184.
La cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth est achevée en 1208 et Guillaume Ier des Baux, alors prince d’Orange assiste à sa consécration.
L’Université d’Orange est créée le 6 juin 1365 par l’empereur Charles IV, le même jour que l’Université de Genève. L’Université d’Orange est créée en grande partie pour concurrencer l’Université d’Avignon, alors fleurissante. L’Université n’a ainsi pas reçue la bénédiction du pape jusqu’à ce que Clément VII reconnaisse l’Université d’Orange plus d’un siècle plus tard. On y enseignait le droit canonique, le droit civil, la médecine, la philosophie, la logique et la grammaire. À partir de la fin du 15ème siècle, l’Université d’Orange décroit fortement et a du mal à résister à la concurrence des grandes université méridionales (Université d’Avignon, Université de Montpellier ou encore Université de Perpignan). Ainsi, le 5 juin 1475, le pape Sixte IV publie même une bulle qui affirme que les grades de licence et de doctorat étaient accordés sans examen sérieux, sans formalité et sans le nombre réglementaire de docteurs et de magistrat, il interdit alors à l’Université d’Orange de conférer des grades universitaires.
Un parlement est accordé à la Principauté d’Orange à partir de 1471.
À la fin du 16ème siècle, la ville est largement victime des guerres de religion. En 1562, les troupes protestantes pillent la ville, brulent les reliques de Saint Eutrope et détruisent le clocher de la cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth. Les troupes du pape s’empare de la ville la même année depuis la ville d’Avignon, sous le commandement de Fabrizzio Serbelloni, Capitaine des Armes du Comtat. En 1571, les troupes catholiques pillent la ville. Puis en 1572, les troupes d’Hugues de Lères, capitaine protestant, prennent la ville et la rançonnent avant de la libérer.
En 1620, alors que les Princes d’Orange ont repris le contrôle de la ville, Maurice de Nassau fait édifier une imposante forteresse sur la colline Sainte-Eutrope.
Carpentras (Carpentràs en occitan comtadin, prononcé [Carpèntras]) est la capitale historique du Comtat Venaissin.
L’emplacement de la ville de Carpentras est occupé depuis l’antiquité. D’abord terre des Meminii, la latinisation de la ville la place comme siège épiscopal en alternance avec la ville de Venasque.
Alors que les juifs sont chassés de France par Philippe le Bel en 1306, un grand nombre d’expulsés se réfugient dans le Comtat Venaissin et une communauté importante s’établit alors dans un quartier de la ville.
Le pape Clément V établit tout d’abord sa curie à Carpentras en 1313, avant que la ville devienne la capitale du Comtat Venaissin en 1320. La ville profite alors de la bontée des Papes, elle est alors gouvernée par un Évêque et bénéficie de larges fortifications, dont une immense enceinte qui s’élargie et se consolide tout au long du 14ème siècle. Il est attesté que les premiers travaux des remparts furent entâmés en 1357 et qu’ils furent véritablement achevés en 1392. Le tracé initial de ces remparts fut établit par Juan Fernández de Heredia, Capitaine des Armes du Comtat Venaissin.
La ville devient dès le 14ème siècle un haut lieu de la culture européenne et les nombreux Recteurs et Évêques font de Carpentras un centre culturel et humaniste. En 1527, Jacopo Sadoleto, Évêque de Carpentras eut pour projet d’installer son immense bibliothèque à Carpentras, mais alors qu’il quittait Rome, le bateau affrété de ses précieux manuscrit n’arriva jamais à destination. En 1640, Alessandro Bichi, Évêque de Carpentras fait reconstruire le palais épiscopal de la ville par François de Royers de la Valfrenière en l’adaptant au style baroque romain. À la même époque furent édifié le collège des Jésuites et le couvent des Visitandines de Carpentras.
L’époque voit une grande prospérité pour le Comtat Venaissin et la ville de Carpentras se voit couverte de nombreux hôtels particuliers qui font aujourd’hui le charme de la ville. La situation économique des comtadins s’améliore grandement et les habitants du Comtat voyagent énormément, s’établissant dans une grande partie de l’Occitanie.
Au 18ème siècle, Joseph-Dominique d’Inguimbert, Évêque de Carpentras, modifie provondément la ville. En 1744, il fait édifier la bibliothèque qui porte aujourd’hui son nom et la cède à la ville en 1757. C’est également lui qui fit édifier l’Hôtel-Dieu.
En 1704, on découvre à Carpentras une stèle funéraire originaire d’Égypte. C’est la toute première archéologique rédigée en araméen que l’on trouve.
En 1741, la synagogue de Carpentras est reconstruite avec l’amélioration des conditions économiques et sociales des juifs, faisant de cette synagogue la plus vieille d’Occitanie et de France.
Lors de la guerre d’annexion du Comtat Venaissin, Carpentras joua un rôle central dans l’opposition à l’annexion française du Comtat Venaissin. La ville fut ainsi membre de l’Union de Sainte-Cécile.