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L’Union de Sainte-Cécile

L’Union de Sainte-Cécile, appelée aussi Fédération de Sainte-Cécile, ou dans certains cas Confédération de Sainte-Cécile (sont également employées les noms de Fédération de Sainte-Cécile du Comtat Venaissin, Confédération de Sainte-Cécile du Comtat Venassin, ou encore Union de Sainte-Cécile du Comtat Venaissin / mais également Union de Santa-Cecilia dau Comtat Venaissin (prononcé Unioun dé Santo Cecilio dow Coumtat Vénaillssi) en occitan comtadin) est une fédération politique, militaire et administrative rassemblant près de 68 communes du Comtat Venaissin face à l’invasion des hordes françaises dans le Comtat Venaissin au travers d’Avignon. Cet article revient en détails sur toute l’histoire de cette Union.

Blason de l’Union de Sainte-Cécile, comportant les clefs du Comtat et la Harpe de Sainte-Cécile sur fond azur

Le premier siège de Carpentras : les prémices de la formation de la Fédération de Sainte Cécile

À la suite des troubles d’Avignon qui eurent lieu dès 1789, des hordes
françaises se basèrent à Avignon et envisagèrent de partir pour une guerre de « conquête » du Comtat Venaissin dans l’idéal du rattachement du Comtat Venaissin à la France. Alors que ces hordes commencèrent à piller certaines villes et villages sans défense, le siège de Carpentras se fit sentir au début de l’année 1791.Le rassemblement de l’Union et l’annexion du Comtat Venaissin

Après ces diverses batailles et l’incroyable résistance de Carpentras, l’Union de Sainte-Cécile désordonnée par sa défaite lors de la bataille de Tourreau, se rassembla de nouveau sous l’impulsion de Carpentras et de Valréas. Une armée de plus de 12 000 soldats fut levée et deux corps d’armée furent formés. Le premier corps d’armée avait pour point de ralliement Brantes, tandis que le deuxième avait pour point de ralliement la Tour-de-Saban. L’objectif de l’Union de Sainte-Cécile était alors de s’emparer de la majorité des territoires sous contrôle de l’armée française patriote, avant de s’élancer en direction du camp de Monteux.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1791, le corps d’armée de Brantes s’empara du Barroux lors de la bataille du Barroux et s’empara de deux pièces de canons tandis qu’elle fit près de 30 prisonniers de l’armée française patriote. Le 12 juin 1791, le même corps d’armée de l’Union s’empara de Caromb, Mazan, Malemort, Saint-Didier et Aubignan sans trop de difficulté puisque les soldats de l’armée française patriote positionnés dans ces villes fuirent face à l’arrivée de l’Union de Sainte-Cécile. Plusieurs batailles éclatèrent également entre les deux armées, à Cavaillon et à Gigondas. Les combats furent par la suite du mois de juin moins intense suite aux promesses des émissaires français venus pour « rétablir la paix ». Le 29 juin finalement, l’armée française patriote se retira de la ville de Monteux pour revenir à Avignon, où l’armée patriote fut dissoute.

Le Comtat était alors dépeuplé de ses habitants, et beaucoup de partisans de l’Union de Sainte-Cécile et de l’indépendance du Comtat Venaissin avaient été massacrés ou fait prisonnier lors de l’été 1791 et avant. Dès lors le stratagème français fut de mettre tout en oeuvre pour annexer au plus vite le Comtat Venaissin. C’est dans cette lignée que fut convoquée une assemblée à Bédarrides, le 18 août 1791, rassemblant des patriotes français qui s’autoproclamèrent représentants du peuple et des communes du Comtat Venaissin, puis qui décidèrent de rattacher le Comtat Venaissin à la France.

L’Union de Sainte-Cécile ne fut jamais dissoute et les actes de résistances perdurèrent encore longtemps dans le Comtat Venaissin.

Les communes qui rejoingnèrent l’Union de Sainte-Cécile (Membres, sympathisants)
  • Aubignan
  • Le Barroux
  • Le Beaucet
  • Beaumes
  • Beaumont
  • Bédarrides
  • Bedoin
  • Blauvac
  • Bollène
  • Bonnieux
  • Le Bouchet
  • Brantes
  • Buisson
  • Cabrières
  • Caderousse
  • Cairanne
  • Caromb
  • Carpentras
  • Caumont
  • Cavaillon
  • Cheval-Blanc
  • Crestet
  • Crillon
  • Entrechaux
  • Entraigues
  • Eyrolles
  • Faucon
  • Flassan
  • Gadagne
  • Grillon
  • Javon
  • Jonquerettes
  • Lafare
  • Lagarde-Paréol
  • Lagnes
  • Lamotte
  • Lapalud
  • L’Isle-sur-la-Sorgue
  • Loriol
  • Malaucène
  • Malemort
  • Maubec
  • Mazan
  • Ménerbes
  • Méthamis
  • Modène
  • Mormoiron
  • Mornas
  • Oppède
  • Pernes
  • Les Pilles
  • Piolenc
  • Puyméras
  • Rasteau
  • Richerenches
  • Roaix
  • Robion
  • Rochegude
  • Lagnes
  • La Roque-Alric
  • La Roque-sur-Pernes
  • Rousset
  • Sablet
  • St Didier
  • St Saturnin
  • Saint-Léger
  • Saint-Pantaléon-les-Vignes
  • Saint-Pierre-de-Vassols
  • Saint-Romain-en-Viennois
  • Saint-Roman-de-Malegarde
  • Sainte-Cécile-les-Vignes
  • Sarrians
  • Saumanes
  • Savoillan
  • Séguret
  • Sérignan
  • Serres
  • Solérieu
  • Sorgues
  • Les Taillades
  • Thouzon
  • Le Thor
  • Tulette
  • Uchaux
  • Urban
  • Vacqueryras
  • Vaison
  • Valouse
  • Valréas
  • Vaucluse (Fontaine-de)
  • Vaux
  • Vedènes
  • Velleron
  • Venasque
  • Villedieu
  • Villès
  • Le Visan
Drapeau de guerre de l’Union de Sainte-Cécile

Sources :

  • Anonyme, « Mémoire de la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin », Volume 1, 1793.
  • Pierre Victor Malouet « Opinion de Malouet sur la réunion proposée du Comtat Venaissin à la France ».
  • Charles Soullier, « De la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin, en 1789 et années suivante », Volume 1, 1844.

Le 6 mai 1791, l’armée française patriote s’avança vers l’est de la ville, et se positionna dans un champ qui dominait la ville et que l’on appelle la Gardi, à 2 kilomètres des remparts de la ville. Les forces de l’Union, prévoyant cette attaque avaient fait placer plusieurs pièces d’artillerie sur les remparts Est. Très rapidement, l’armée française fut mise en déroute après avoir considérablement endommagé ses forces. L’armée française fut contrainte de prendre une autre position et ils ne commencèrent à faire feu que dans le début de l’après-midi. L’Union riposta de manière proportionnée aux tirs de canons français qui étaient moins soutenus que d’habitude. Révoltés par les pillages et les maisons que faisaient bruler les hommes de l’armée française patriote au loin, l’Union forma un détachement qui s’élança en dehors de la ville. Par chance, l’armée française patriote manquait de munitions et vers 14h30 lorsque le détachement s’élança vers les troupes française, s’engagea pleinement la bataille de la Gardi. Cette bataille fut meurtrière pour les forces françaises patriotes qui laissèrent beaucoup de morts et de blessés sur le champ de bataille. Le détachement poursuivit les soldats français jusque dans leur retranchement et les forces de l’Union n’eurent à déplorer qu’un seul mort et quelques blessés lors de cette victorieuse contre-offensive.

Le rassemblement de l’Union et l’annexion du Comtat Venaissin

Après ces diverses batailles et l’incroyable résistance de Carpentras, l’Union de Sainte-Cécile désordonnée par sa défaite lors de la bataille de Tourreau, se rassembla de nouveau sous l’impulsion de Carpentras et de Valréas. Une armée de plus de 12 000 soldats fut levée et deux corps d’armée furent formés. Le premier corps d’armée avait pour point de ralliement Brantes, tandis que le deuxième avait pour point de ralliement la Tour-de-Saban. L’objectif de l’Union de Sainte-Cécile était alors de s’emparer de la majorité des territoires sous contrôle de l’armée française patriote, avant de s’élancer en direction du camp de Monteux.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1791, le corps d’armée de Brantes s’empara du Barroux lors de la bataille du Barroux et s’empara de deux pièces de canons tandis qu’elle fit près de 30 prisonniers de l’armée française patriote. Le 12 juin 1791, le même corps d’armée de l’Union s’empara de Caromb, Mazan, Malemort, Saint-Didier et Aubignan sans trop de difficulté puisque les soldats de l’armée française patriote positionnés dans ces villes fuirent face à l’arrivée de l’Union de Sainte-Cécile. Plusieurs batailles éclatèrent également entre les deux armées, à Cavaillon et à Gigondas. Les combats furent par la suite du mois de juin moins intense suite aux promesses des émissaires français venus pour « rétablir la paix ». Le 29 juin finalement, l’armée française patriote se retira de la ville de Monteux pour revenir à Avignon, où l’armée patriote fut dissoute.

Le Comtat était alors dépeuplé de ses habitants, et beaucoup de partisans de l’Union de Sainte-Cécile et de l’indépendance du Comtat Venaissin avaient été massacrés ou fait prisonnier lors de l’été 1791 et avant. Dès lors le stratagème français fut de mettre tout en oeuvre pour annexer au plus vite le Comtat Venaissin. C’est dans cette lignée que fut convoquée une assemblée à Bédarrides, le 18 août 1791, rassemblant des patriotes français qui s’autoproclamèrent représentants du peuple et des communes du Comtat Venaissin, puis qui décidèrent de rattacher le Comtat Venaissin à la France.

L’Union de Sainte-Cécile ne fut jamais dissoute et les actes de résistances perdurèrent encore longtemps dans le Comtat Venaissin.

Les communes qui rejoingnèrent l’Union de Sainte-Cécile (Membres, sympathisants)
  • Aubignan
  • Le Barroux
  • Le Beaucet
  • Beaumes
  • Beaumont
  • Bédarrides
  • Bedoin
  • Blauvac
  • Bollène
  • Bonnieux
  • Le Bouchet
  • Brantes
  • Buisson
  • Cabrières
  • Caderousse
  • Cairanne
  • Caromb
  • Carpentras
  • Caumont
  • Cavaillon
  • Cheval-Blanc
  • Crestet
  • Crillon
  • Entrechaux
  • Entraigues
  • Eyrolles
  • Faucon
  • Flassan
  • Gadagne
  • Grillon
  • Javon
  • Jonquerettes
  • Lafare
  • Lagarde-Paréol
  • Lagnes
  • Lamotte
  • Lapalud
  • L’Isle-sur-la-Sorgue
  • Loriol
  • Malaucène
  • Malemort
  • Maubec
  • Mazan
  • Ménerbes
  • Méthamis
  • Modène
  • Mormoiron
  • Mornas
  • Oppède
  • Pernes
  • Les Pilles
  • Piolenc
  • Puyméras
  • Rasteau
  • Richerenches
  • Roaix
  • Robion
  • Rochegude
  • Lagnes
  • La Roque-Alric
  • La Roque-sur-Pernes
  • Rousset
  • Sablet
  • St Didier
  • St Saturnin
  • Saint-Léger
  • Saint-Pantaléon-les-Vignes
  • Saint-Pierre-de-Vassols
  • Saint-Romain-en-Viennois
  • Saint-Roman-de-Malegarde
  • Sainte-Cécile-les-Vignes
  • Sarrians
  • Saumanes
  • Savoillan
  • Séguret
  • Sérignan
  • Serres
  • Solérieu
  • Sorgues
  • Les Taillades
  • Thouzon
  • Le Thor
  • Tulette
  • Uchaux
  • Urban
  • Vacqueryras
  • Vaison
  • Valouse
  • Valréas
  • Vaucluse (Fontaine-de)
  • Vaux
  • Vedènes
  • Velleron
  • Venasque
  • Villedieu
  • Villès
  • Le Visan
Drapeau de guerre de l’Union de Sainte-Cécile

Sources :

  • Anonyme, « Mémoire de la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin », Volume 1, 1793.
  • Pierre Victor Malouet « Opinion de Malouet sur la réunion proposée du Comtat Venaissin à la France ».
  • Charles Soullier, « De la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin, en 1789 et années suivante », Volume 1, 1844.

Après ces trois échecs, l’armée française patriote affaiblie tenta de couper les vivres de la ville en brulant tous les moulins qu’elle pensait propres à fournir de quoi se nourrir à la ville et coupèrent l’aqueduc qui apportait l’eau potable à la ville. Heureusement, il y avait des moulins proches des remparts que jamais les troupes françaises n’osèrent approcher. Les forces de l’Union de Sainte-Cécile qui restaient à Carpentras, en retour, menèrent plusieurs expéditions grâce à de vaillants détachements pour rétablir les productions, réparer les dégâts laissés par l’armée française patriote et récupérer le contrôle de certains points stratégiques. Le peuple entier aida à ces tâches de rétablissement de la paix. Des détachements entiers de l’Union de Sainte-Cécile furent déployés pour assurer et protéger les récoltes, mais également pour les porter en toute sécurité jusqu’à Carpentras. Les munitions abandonnées et les boulets de canon tirés furent ramassés par les habitants et entreposés pour être réutilisés. Les femmes et même les enfants aidèrent grandement à ce grand effort collectif.

Le 6 mai 1791, l’armée française patriote s’avança vers l’est de la ville, et se positionna dans un champ qui dominait la ville et que l’on appelle la Gardi, à 2 kilomètres des remparts de la ville. Les forces de l’Union, prévoyant cette attaque avaient fait placer plusieurs pièces d’artillerie sur les remparts Est. Très rapidement, l’armée française fut mise en déroute après avoir considérablement endommagé ses forces. L’armée française fut contrainte de prendre une autre position et ils ne commencèrent à faire feu que dans le début de l’après-midi. L’Union riposta de manière proportionnée aux tirs de canons français qui étaient moins soutenus que d’habitude. Révoltés par les pillages et les maisons que faisaient bruler les hommes de l’armée française patriote au loin, l’Union forma un détachement qui s’élança en dehors de la ville. Par chance, l’armée française patriote manquait de munitions et vers 14h30 lorsque le détachement s’élança vers les troupes française, s’engagea pleinement la bataille de la Gardi. Cette bataille fut meurtrière pour les forces françaises patriotes qui laissèrent beaucoup de morts et de blessés sur le champ de bataille. Le détachement poursuivit les soldats français jusque dans leur retranchement et les forces de l’Union n’eurent à déplorer qu’un seul mort et quelques blessés lors de cette victorieuse contre-offensive.

Le rassemblement de l’Union et l’annexion du Comtat Venaissin

Après ces diverses batailles et l’incroyable résistance de Carpentras, l’Union de Sainte-Cécile désordonnée par sa défaite lors de la bataille de Tourreau, se rassembla de nouveau sous l’impulsion de Carpentras et de Valréas. Une armée de plus de 12 000 soldats fut levée et deux corps d’armée furent formés. Le premier corps d’armée avait pour point de ralliement Brantes, tandis que le deuxième avait pour point de ralliement la Tour-de-Saban. L’objectif de l’Union de Sainte-Cécile était alors de s’emparer de la majorité des territoires sous contrôle de l’armée française patriote, avant de s’élancer en direction du camp de Monteux.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1791, le corps d’armée de Brantes s’empara du Barroux lors de la bataille du Barroux et s’empara de deux pièces de canons tandis qu’elle fit près de 30 prisonniers de l’armée française patriote. Le 12 juin 1791, le même corps d’armée de l’Union s’empara de Caromb, Mazan, Malemort, Saint-Didier et Aubignan sans trop de difficulté puisque les soldats de l’armée française patriote positionnés dans ces villes fuirent face à l’arrivée de l’Union de Sainte-Cécile. Plusieurs batailles éclatèrent également entre les deux armées, à Cavaillon et à Gigondas. Les combats furent par la suite du mois de juin moins intense suite aux promesses des émissaires français venus pour « rétablir la paix ». Le 29 juin finalement, l’armée française patriote se retira de la ville de Monteux pour revenir à Avignon, où l’armée patriote fut dissoute.

Le Comtat était alors dépeuplé de ses habitants, et beaucoup de partisans de l’Union de Sainte-Cécile et de l’indépendance du Comtat Venaissin avaient été massacrés ou fait prisonnier lors de l’été 1791 et avant. Dès lors le stratagème français fut de mettre tout en oeuvre pour annexer au plus vite le Comtat Venaissin. C’est dans cette lignée que fut convoquée une assemblée à Bédarrides, le 18 août 1791, rassemblant des patriotes français qui s’autoproclamèrent représentants du peuple et des communes du Comtat Venaissin, puis qui décidèrent de rattacher le Comtat Venaissin à la France.

L’Union de Sainte-Cécile ne fut jamais dissoute et les actes de résistances perdurèrent encore longtemps dans le Comtat Venaissin.

Les communes qui rejoingnèrent l’Union de Sainte-Cécile (Membres, sympathisants)
  • Aubignan
  • Le Barroux
  • Le Beaucet
  • Beaumes
  • Beaumont
  • Bédarrides
  • Bedoin
  • Blauvac
  • Bollène
  • Bonnieux
  • Le Bouchet
  • Brantes
  • Buisson
  • Cabrières
  • Caderousse
  • Cairanne
  • Caromb
  • Carpentras
  • Caumont
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  • Entrechaux
  • Entraigues
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  • Lagarde-Paréol
  • Lagnes
  • Lamotte
  • Lapalud
  • L’Isle-sur-la-Sorgue
  • Loriol
  • Malaucène
  • Malemort
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  • Mazan
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  • Oppède
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  • Les Pilles
  • Piolenc
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  • Rasteau
  • Richerenches
  • Roaix
  • Robion
  • Rochegude
  • Lagnes
  • La Roque-Alric
  • La Roque-sur-Pernes
  • Rousset
  • Sablet
  • St Didier
  • St Saturnin
  • Saint-Léger
  • Saint-Pantaléon-les-Vignes
  • Saint-Pierre-de-Vassols
  • Saint-Romain-en-Viennois
  • Saint-Roman-de-Malegarde
  • Sainte-Cécile-les-Vignes
  • Sarrians
  • Saumanes
  • Savoillan
  • Séguret
  • Sérignan
  • Serres
  • Solérieu
  • Sorgues
  • Les Taillades
  • Thouzon
  • Le Thor
  • Tulette
  • Uchaux
  • Urban
  • Vacqueryras
  • Vaison
  • Valouse
  • Valréas
  • Vaucluse (Fontaine-de)
  • Vaux
  • Vedènes
  • Velleron
  • Venasque
  • Villedieu
  • Villès
  • Le Visan
Drapeau de guerre de l’Union de Sainte-Cécile

Sources :

  • Anonyme, « Mémoire de la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin », Volume 1, 1793.
  • Pierre Victor Malouet « Opinion de Malouet sur la réunion proposée du Comtat Venaissin à la France ».
  • Charles Soullier, « De la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin, en 1789 et années suivante », Volume 1, 1844.

L’Assemblée Représentative du Comtat Venaissin sentit l’imminence du danger et décida de se pourvoir de moyens de résistance plus que nécessaires en cette période. Elle obtenue le rassemblement de l’ensemble des troupes du Haut-Comtat alors que le Bas-Comtat, et tout particulièrement Cavaillon, était sous le feu des hordes qui forcèrent une grande partie de la population au déplacement, le 10 janvier 1791.

L’Assemblée Représentative du Comtat Venaissin se prépara à l’invasion, et
envoya près de 300 hommes couper l’ensemble des ponts entre Avignon et
Carpentras, construire des retranchements et y établir des corps d’armée comtadin afin de stopper l’avancée de la horde française. Un contingent d’hommes comtadin s’avança jusqu’au bois de Gigondas entre Bédarrides et Entraigues. Une fois arrivé au bois, une suspicion d’embuscade s’installe dans les troupes et dans une grande confusion, l’arrière-garde se met à tirer sur l’avant-garde, après le tumulte, le détachement retourne à Carpentras.

Le 21 janvier 1791, une horde française sous la forme d’une armée de 5 000 hommes part d’Avignon en direction de Carpentras. Le soir du 21 janvier, ils établissent un camp au bois de Gingondas. Face à la menace qui se rapproche, lepeuple comtadin se prépare à l’attaque de cette armée et barricade la ville de Carpentras. Les hommes, les femmes, les enfants et même les hommes d’Église s’arment pour faire face. La horde française pose alors le siège de la ville de Carpentras qui est très organisée face à cette invasion. La horde, venue d’Avignon, exige de la part des habitants plusieurs revendications dégradantes, financières et humaines, afin de lever le siège. Cependant, ne pouvant tenir bien longtemps et la grêle s’étant abattue sur leur camp de siège, l’armée est forcée de rentrer à Avignon.

Cependant les chefs des hordes françaises gardèrent une grande amertume de cette défaite et préparèrent une nouvelle expédition en jurant de tuer tous les habitants et de détruire complètement la ville. À la horde initiale s’ajouta de nouvelles troupes constituées de soldats français, mais également de provençaux venus d’Arles et de Marseille. Des commissaires d’Avignon furent envoyés pour parlementer à Carpentras, notamment concernant les prisonniers qui avaient été faits. L’Assemblée Représentative du Comtat Venaissin concéda à un échange de prisonniers en libérant les soldats français qu’elle avait fait, en se fiant à la bonne parole de ces commissaires. Sur les 77 prisonniers, les forces de lahorde française d’Avignon n’en libérèrent que 8.

Par un habile stratagème, l’Assemblée Représentative du Comtat Venaissin
dans la ville de Carpentras arriva à ramener deux canons en provenance de
Marseille. Alors que la horde d’Avignon avait eu vent de cette ruse, ils
attendirent le passage du cortège par le chemin ordinaire. La bravoure de ce convoi fut de détourner l’attention de la horde en passant les canons par les monts du Luberon et de Vaucluse, au travers d’un difficile périple afin de garantir leur arrivée à Carpentras.

Le refus du rattachement et la création de la Fédération de Sainte-Cécile

Après ces événements et ces premières victoires comtadines, l’Assemblée nationale française à Paris croit les dires des hordes françaises qui se vantent de plusieurs victoires dans le Comtat Venaissin et à ce qui lui fut rapporter d’une « complète » adhésion du peuple du Comtat Venaissin à la Consitution française. Une Assemblée électorale du Vaucluse est établie à Avignon par plusieurs partisans du rattachement d’Avignon et du Comtat Venaissin à la France et notamment des français envoyés par Paris. Cette Assemblée prétend représenter de manière démocratique le peuple du Comtat Venaissin, sans que celui-ci n’ait eu l’opportunité de s’exprimer à ce sujet. Cette Assemblée se donna le droit d’envoyer à Paris ses représentants pour plaider le rattachement du Comtat Venaissin à la France, et s’octroya le droit de recours à la force armée, au meurtre et au pillage envers toutes les Communes du Comtat Venaissin qui refuseraient de se joindre à cette Assemblée.

C’est en réaction à cela que fut véritablement fondée l’Union de Sainte-Cécile. Plusieurs communes du Haut-Comtat décidèrent de sortir de leur isolement afin de former une association fédérative capable de repousser efficacement les nouvelles offensives que préparaient alors les hordes françaises basées à Avignon.

Les toutes premières propositions d’association fédérative furent effectuées par Valréas au tout début du mois de février 1791. Le 7 février 1791, plusieurs représentants se réunir à Bollène afin de se mettre d’accord sur l’organisation d’une défense du Comtat Venaissin. C’est finalement les 14, 15 et 16 du mois de mars 1791 que les représentants de 34 communes du Comtat Venaissin se rassemblèrent dans la commune de Sainte-Cécile (aujourd’hui dénommé Sainte-Cécile-lès-Vignes) afin de former officiellement cette association défensive qui décida d’accueillir toutes les autres communes qui souhaitaient y participer. 7 Commissaires de l’Union furent nommés, avec le consentement de n’avoir d’autres intérêts que ceux de la patrie comtadine dans la promotion et le maintien de la paix dans le Comtat Venaissin. L’Union se dota également de pouvoirs propres afin d’employer sur les lieux tous les moyens de transaction et au besoin la force, pour résister à l’oppression de l’ennemi commun. Il fut également décidé d’envoyer un représentant auprès de l’Assemblée nationale française à Paris afin de demander des explications sur le comportement de cette instance et demander une protection pour les droits et la souveraineté des comtadins. Ces tentatives de dialogues furent cependant vaines.

Le 22 mars 1791, l’Assemblée électorale de Vaucluse fit l’émission d’un arrêté qui établissait une force soldée fixée à 1 000 hommes d’infanterie et 300 de cavalerie.

L’Union de Sainte-Cécile prit rapidement de l’importance et dès le mois d’avril 1791, sur les 93 communes du Comtat Venaissin, 60 étaient alors membres de l’Union de Sainte-Cécile. Il est communément admis que sur les 33 communes restantes, plusieurs auraient rejoint l’Union si des détachements français n’avaient pas été présents dans ces communes, notamment proches d’Avignon et dans le Bas-Comtat, près de Cavaillon où des hordes s’étaient installées en bastion après la fuite d’une majorité de la population.

L’attaque des troupes françaises fut retardée par des divisions internes et deux chefs se disputèrent alors le commandement des hordes. Une fois la discorde réglée, plusieurs émissaires de cette armée de français s’en allèrent faire du recrutement au travers tout le Languedoc et la France en promettant de grandes richesses à tous, et plusieurs avantages à ceux qui serviraient dans les rangs de cette armée. Les Confédérés de Sainte-Cécile se préparèrent autant qu’ils pouvaient face au grossissement des rangs de l’armée française.

Au même moment, un certain La Villasse, à la tête d’une horde française semait la panique dans la ville de Vaison et ses alentours, ayant forcé la grande majorité de ses habitants à se réfugier à Valréas. La Villasse commis plusieurs actes de barbarie autour de Vaison et notamment se chargea se faire couper le canal qui servait à faire tourner les moulins de Séguret et alimenter en eau le territoire de cette commune. Après avoir envoyé une lettre de sommation et d’avertissement pour régler le différend de la façon la plus pacifique, les Chefs de l’Union de Sainte-Cécile ne purent laisser impunis ces crimes et les affronts que leur fit La Vilasse.

L’État-Major de l’Union de Sainte-Cécile décida alors de porter secours aux habitants de Vaison et de rendre justice à ceux qui avaient été massacrés par cette horde. Le 14 avril 1791, plusieurs détachements militaires de l’Union de Sainte-Cécile arrivèrent aux portes de la ville de Vaison à la tombée de la nuit. À 3h30 du matin, un détachement s’empara des portes de la ville, un autre de la Maison Consulaire de la ville et un dernier du château occupé par La Villasse à 500 mètres de la maison consultaire. La Villasse est réveillé par les coups de fusil et entrevoit des soldats de l’Union en train de forcer la porte du château qu’il occupe, pris de panique, il appelle à l’aide. Le détachement comtadin de l’Union de Sainte-Cécile entra dans le château et des soldats le sommèrent de se rendre, ce qu’il refusa fermement en insultant le détachement. Alors qu’il tentait de s’échapper par des escaliers dérobés, il est abattu. Le sous-commandant de La Villasse, averti par le tumulte et par plusieurs de ses hommes, se barricada dans une maison proche de la maison consulaire. Un autre détachement de l’Union de Sainte-Cécile enfonça la porte de la maison et se retrouva face au feu de l’ennemi. Après avoir abattu plusieurs hommes, ils retrouvèrent le sous-commandant de La Villasse dans la cave, armé d’un pistolet et d’un sabre. Il menaça les hommes qui s’approchent de lui avec une proposition de reddition. Finalement, il fit feu et blessa un homme du Détachement de l’Union, en réaction, les autres soldats firent feu et l’abattirent. Les autres hommes de l’armée de La Vilasse s’enfuirent alors dans la nuit, tandis que les habitants qui avaient fuient retrouvèrent leurs biens et leur ville dans les jours qui suivirent le retour au calme.

L’armée française, dite également armée des brigands, finit par sortir de la ville d’Avignon en direction de la plaine comtadine le 18 avril 1791. Cette armée était composée de soldats déserteurs de l’armée française, de brigands français, de contrebandiers et même de soldats réguliers de l’armée française. Elle était composée de près de 7 000 hommes et disposait de 22 canons de différents calibres.

Ce déplacement prévu, mais qui fut soudain agita rapidement le Haut-Comtat et l’Union de Sainte-Cécile s’organisa rapidement en rassemblant près de 3 000 hommes, commandés par des Chefs qu’on décrit souvent comme plein de bravoure. L’armée de l’Union de Sainte-Cécile se dirigea vers Carpentras, alors que l’avant-garde de l’armée française des brigands s’était jetée sur Monteux. L’armée de l’Union se plaça alors au niveau de Sarrians afin d’avoir un accès privilégié à la ville de Carpentras et de surveiller Monteux. La ville de Carpentras fit sortir près de 500 hommes accompagnés par les 6 petites pièces d’artillerie dont disposait la ville, et ce détachement se plaça sur la ligne de Sarrians, sur le flanc gauche de l’armée française des brigands, afin de leur barrer la route de Carpentras. La nuit du 18 avril 1791, l’armée française passa la nuit à Bédarrides et le lendemain s’élança vers Sarrians en passant par Courthézon.

Le 19 avril 1791, l’armée française des brigands s’empara du Château de Tourreau, tout proche de Sarrians et se retrancha dans les environs. L’armée de l’Union de Sainte-Cécile tenta alors une manoeuvre militaire en divisant ses troupes. Tandis qu’une partie de l’Armée comtadine s’avança vers l’ennemi pour arrêter leur afflux, l’autre partie aidée par les hommes postés vers Carpentras se mirent en retrait pour préparer la défense. Il était difficile pour l’armée de l’Union de faire face à une telle armée qui avait la supériorité du nombre et de l’équipement. Leur seule force était d’attendre que les ennemis sortent de leurs postes couverts par des haies et des murailles, afin de les prendre à revers dans une position défensive absolue. C’était cette stratégie que l’État-Major de l’Union de Sainte-Cécile avait initialement choisie. Cependant, les comtadins, exaltés par l’envie de rendre justice et d’en venir au combat face à leur ennemi, dérogèrent à la vision générale de l’Etat-Major. Alors que la grande partie des hommes demandèrent le combat, les Chefs de l’Etat-Major ne purent que s‘y résoudre à regret face à l’enthousiasme et les cris de combat de leurs hommes.

L’armée comtadine attaque par 3 fois les retranchements de l’armée française, mais elle fut repoussée à chaque fois par le feu de leur puissante artillerie. Le Corps de Carpentras s’avança également pour être à portée avec leurs petits canons et malgré les coups que ce Corps envoya, les troupes françaises des brigands ne bougèrent pas de leurs positions. L’Armée comtadine de l’Union de Sainte-Cécile se retrouva désordonnée par la puissance de feu de l’armée française et les hommes firent retraite dans le Haut-Comtat, tandis que le détachement de Carpentras rentra dans la ville. La bataille de Tourreau (appelée aussi bataille de Sarrians) fit beaucoup de morts du côté comtadin.

Après leur victoire, les troupes françaises se ruèrent sur Sarrians et y commirent les pires atrocités possible (pillages, incendies, massacres, viols…). Après cette défaite, beaucoup d’hommes furent désarmés et massacrés pour avoir participé à l’Union de Sainte-Cécile et aux combats.

Le chevalier de Tourreau fut fait prisonnier, sa mère fut massacrée après avoir essayé de prendre sa défense. Plusieurs paysans des alentours du champ de bataille furent égorgés sans aucune forme de pitié. Aux alentours du château de Tourreau, 5 paysans furent sauvagement assassinés tandis qu’une fillette de 10 ans fut égorgée après avoir été violée. Plusieurs centaines de femmes (même enceintes), de jeunes nourrissons et des vieillards de plus de 70 ans furent massacrés par les hommes de l’armée française des brigands dans la journée suivant la bataille de Tourreau. Lorsque les troupes entrèrent dans Sarrians, ils massacrèrent le curé du village qui avait alors fait agiter un drapeau blanc en guise de demande au dialogue, mais les hommes de l’armée française n’eurent aucune pitié et ils massacrèrent ceux qui n’avaient pas réussi à s’enfuir à temps.

Le deuxième siége de Carpentras : la Résistance de l’Union de Sainte-Cécile

La ville de Carpentras résista encore longtemps aux assauts de l’armée française et ne fut jamais réellement prise. L’armée française des brigands encercla la ville en prenant position au Barroux, à Mazan, à Pertuis ainsi qu’à Méthamis. Durant cette période de siège le Comtat fut en état d’occupation et tandis que tous les opposants à l’armée française furent arrêtés où exécutés sans jugement, un nombre très important de comtadins émigrèrent dans les communes françaises voisines du Comtat Venaissin.

Le 23 avril 1791, des sentinelles placées sur les remparts de Carpentras aperçurent de grandes quantités d’hommes et de chevaux se masser à près de 1,5 kilomètres au sud de la ville. Il était possible d’apercevoir des drapeaux français qui s’agitaient et qui ne laissaient pas de doute sur la nature de cette armée qui se regroupait. Les portes de la ville furent fermées et les habitants, bien déterminés prirent tous les armes et se rassemblèrent sur la place publique, avant de prendre position sur les remparts et faire face à l’assaut. Vers 12h, les coups de canon commencèrent à se faire entendre depuis la position de l’armée française et ils continuèrent sans interruption jusqu’à 17h. Plus de 300 boulets de 8, de 12 et de 24 furent lancés sur la ville de Carpentras dans la journée du 23 avril. Une grande partie des tirs furent dirigés contre l’hôpital de la ville qui était situé en dehors des remparts et qui accueillait les nombreux blessés de l’Union de Sainte-Cécile. Les soldats de l’Union retranchés dans Carpentras répondirent à ces coups avec le peu d’artillerie dont ils disposaient encore, mais conservèrent stratégiquement leurs forces. L’armée française pensant que les assiégés n’avaient plus suffisamment de munitions et que leurs bombardements avaient gravement endommagé les forces de l’Union, s’avança vers Pernes, à moins d’un kilomètre de la ville de Carpentras. C’est à ce moment-là, vers 17h30, que plusieurs détachements de l’Union de Sainte-Cécile firent une sortie avec un de leurs plus gros canons, et grâce à plusieurs coups consécutifs et une bonne maitrise du canon, ils firent plusieurs blessés et morts du côté de l’armée française des brigands qui, désorganisés, furent dispersés dans la campagne environnante. Cet événement est communément appelé la bataille de Pernes.

Les mémoires de l’époque racontent que pendant les cinquante jours que dura le deuxième siège de Carpentras, les hommes de l’Union de Sainte-Cécile se distinguèrent par la bravoure et le courage, face aux hommes de l’armée française patriote qui s’illustra par sa lâcheté et ses brigandages. On dit que les patriotes français ravagèrent les campagnes, brulèrent les métairies et tuèrent bon nombre d’innocents civils. Ils enlevaient les chevaux destinés aux travaux d’agriculture, ils faisaient prisonniers des femmes et des enfants qu’ils trouvaient dans la campagnes et forçaient les habitants des fermes à porter les armes contre leurs frères en les exposants aux premiers feux.

Le 25 avril 1791, l’armée française patriote s’élança en direction de Carpentras en passant par Sarrians. Arrivée à Loriol, les troupes françaises patriotes s’élancèrent en direction des remparts de Carpentras, mais cette fois-ci les soldats de l’Union n’attendirent pas l’attaque et ils répondirent par plusieurs coups de canon qui forcèrent les soldats de l’armée française patriote à faire marche arrière et se retrancher derrière des maisons de campagne environnantes. Depuis leurs retranchements, l’armée française patriote dressa ses batteries de canons et commença a faire feu toute la journée, mais aucun des obus, des boulets et des bombes me causèrent de brèche ou d’incendie dans la ville. À la fin de la journée, ils se retirèrent dans leur camp de Monteux. Cet événement est communément appelé la bataille de la Crosette.

Le 27 avril 1791, l’armée française patriote tente une nouvelle fois une attaque, encore une fois du côté nord de la ville de Carpentras. L’armée de l’Union de Sainte-Cécile avait pris soin de placer deux gros canons aux extrémités nord-ouest et nord-est des remparts et le feu de ces canons blessa plusieurs canonniers français tandis que le reste de l’armée prit une nouvelle fois la fuite en direction de Monteux. Cet événement est communément appelé la bataille Consenas.

Après ces trois échecs, l’armée française patriote affaiblie tenta de couper les vivres de la ville en brulant tous les moulins qu’elle pensait propres à fournir de quoi se nourrir à la ville et coupèrent l’aqueduc qui apportait l’eau potable à la ville. Heureusement, il y avait des moulins proches des remparts que jamais les troupes françaises n’osèrent approcher. Les forces de l’Union de Sainte-Cécile qui restaient à Carpentras, en retour, menèrent plusieurs expéditions grâce à de vaillants détachements pour rétablir les productions, réparer les dégâts laissés par l’armée française patriote et récupérer le contrôle de certains points stratégiques. Le peuple entier aida à ces tâches de rétablissement de la paix. Des détachements entiers de l’Union de Sainte-Cécile furent déployés pour assurer et protéger les récoltes, mais également pour les porter en toute sécurité jusqu’à Carpentras. Les munitions abandonnées et les boulets de canon tirés furent ramassés par les habitants et entreposés pour être réutilisés. Les femmes et même les enfants aidèrent grandement à ce grand effort collectif.

Le 6 mai 1791, l’armée française patriote s’avança vers l’est de la ville, et se positionna dans un champ qui dominait la ville et que l’on appelle la Gardi, à 2 kilomètres des remparts de la ville. Les forces de l’Union, prévoyant cette attaque avaient fait placer plusieurs pièces d’artillerie sur les remparts Est. Très rapidement, l’armée française fut mise en déroute après avoir considérablement endommagé ses forces. L’armée française fut contrainte de prendre une autre position et ils ne commencèrent à faire feu que dans le début de l’après-midi. L’Union riposta de manière proportionnée aux tirs de canons français qui étaient moins soutenus que d’habitude. Révoltés par les pillages et les maisons que faisaient bruler les hommes de l’armée française patriote au loin, l’Union forma un détachement qui s’élança en dehors de la ville. Par chance, l’armée française patriote manquait de munitions et vers 14h30 lorsque le détachement s’élança vers les troupes française, s’engagea pleinement la bataille de la Gardi. Cette bataille fut meurtrière pour les forces françaises patriotes qui laissèrent beaucoup de morts et de blessés sur le champ de bataille. Le détachement poursuivit les soldats français jusque dans leur retranchement et les forces de l’Union n’eurent à déplorer qu’un seul mort et quelques blessés lors de cette victorieuse contre-offensive.

Le rassemblement de l’Union et l’annexion du Comtat Venaissin

Après ces diverses batailles et l’incroyable résistance de Carpentras, l’Union de Sainte-Cécile désordonnée par sa défaite lors de la bataille de Tourreau, se rassembla de nouveau sous l’impulsion de Carpentras et de Valréas. Une armée de plus de 12 000 soldats fut levée et deux corps d’armée furent formés. Le premier corps d’armée avait pour point de ralliement Brantes, tandis que le deuxième avait pour point de ralliement la Tour-de-Saban. L’objectif de l’Union de Sainte-Cécile était alors de s’emparer de la majorité des territoires sous contrôle de l’armée française patriote, avant de s’élancer en direction du camp de Monteux.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1791, le corps d’armée de Brantes s’empara du Barroux lors de la bataille du Barroux et s’empara de deux pièces de canons tandis qu’elle fit près de 30 prisonniers de l’armée française patriote. Le 12 juin 1791, le même corps d’armée de l’Union s’empara de Caromb, Mazan, Malemort, Saint-Didier et Aubignan sans trop de difficulté puisque les soldats de l’armée française patriote positionnés dans ces villes fuirent face à l’arrivée de l’Union de Sainte-Cécile. Plusieurs batailles éclatèrent également entre les deux armées, à Cavaillon et à Gigondas. Les combats furent par la suite du mois de juin moins intense suite aux promesses des émissaires français venus pour « rétablir la paix ». Le 29 juin finalement, l’armée française patriote se retira de la ville de Monteux pour revenir à Avignon, où l’armée patriote fut dissoute.

Le Comtat était alors dépeuplé de ses habitants, et beaucoup de partisans de l’Union de Sainte-Cécile et de l’indépendance du Comtat Venaissin avaient été massacrés ou fait prisonnier lors de l’été 1791 et avant. Dès lors le stratagème français fut de mettre tout en oeuvre pour annexer au plus vite le Comtat Venaissin. C’est dans cette lignée que fut convoquée une assemblée à Bédarrides, le 18 août 1791, rassemblant des patriotes français qui s’autoproclamèrent représentants du peuple et des communes du Comtat Venaissin, puis qui décidèrent de rattacher le Comtat Venaissin à la France.

L’Union de Sainte-Cécile ne fut jamais dissoute et les actes de résistances perdurèrent encore longtemps dans le Comtat Venaissin.

Les communes qui rejoingnèrent l’Union de Sainte-Cécile (Membres, sympathisants)
  • Aubignan
  • Le Barroux
  • Le Beaucet
  • Beaumes
  • Beaumont
  • Bédarrides
  • Bedoin
  • Blauvac
  • Bollène
  • Bonnieux
  • Le Bouchet
  • Brantes
  • Buisson
  • Cabrières
  • Caderousse
  • Cairanne
  • Caromb
  • Carpentras
  • Caumont
  • Cavaillon
  • Cheval-Blanc
  • Crestet
  • Crillon
  • Entrechaux
  • Entraigues
  • Eyrolles
  • Faucon
  • Flassan
  • Gadagne
  • Grillon
  • Javon
  • Jonquerettes
  • Lafare
  • Lagarde-Paréol
  • Lagnes
  • Lamotte
  • Lapalud
  • L’Isle-sur-la-Sorgue
  • Loriol
  • Malaucène
  • Malemort
  • Maubec
  • Mazan
  • Ménerbes
  • Méthamis
  • Modène
  • Mormoiron
  • Mornas
  • Oppède
  • Pernes
  • Les Pilles
  • Piolenc
  • Puyméras
  • Rasteau
  • Richerenches
  • Roaix
  • Robion
  • Rochegude
  • Lagnes
  • La Roque-Alric
  • La Roque-sur-Pernes
  • Rousset
  • Sablet
  • St Didier
  • St Saturnin
  • Saint-Léger
  • Saint-Pantaléon-les-Vignes
  • Saint-Pierre-de-Vassols
  • Saint-Romain-en-Viennois
  • Saint-Roman-de-Malegarde
  • Sainte-Cécile-les-Vignes
  • Sarrians
  • Saumanes
  • Savoillan
  • Séguret
  • Sérignan
  • Serres
  • Solérieu
  • Sorgues
  • Les Taillades
  • Thouzon
  • Le Thor
  • Tulette
  • Uchaux
  • Urban
  • Vacqueryras
  • Vaison
  • Valouse
  • Valréas
  • Vaucluse (Fontaine-de)
  • Vaux
  • Vedènes
  • Velleron
  • Venasque
  • Villedieu
  • Villès
  • Le Visan
Drapeau de guerre de l’Union de Sainte-Cécile

Sources :

  • Anonyme, « Mémoire de la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin », Volume 1, 1793.
  • Pierre Victor Malouet « Opinion de Malouet sur la réunion proposée du Comtat Venaissin à la France ».
  • Charles Soullier, « De la révolution d’Avignon et du Comtat Venaissin, en 1789 et années suivante », Volume 1, 1844.

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Les grandes figures de la Guerre Civile d’annexion (1789-1793)

  • Joseph François de Benoit de la Pailhonne (1739-1800) : Joseph François Armentaire, de ses prénoms, de Benoit, de son patronyme original,de la Pailhonne (ou Joseph François Benoit de la Palhonne, voir de Paillonne et Josèp Francès de Benoit de la Palhona en occitan), de l’anoblissement reçu par le pape Pie VI en 1780, est né en 1739 à Sérignan du Comtat, descendant d’une famille originaire du Dauphiné qui passa dans le Comtat Venaissin pendant les guerres de religions. Joseph François étudia le droit dans sa jeunesse avant de devenir le procureur juridictionnel de la commune de Sérignan du Comtat. Ce fut un homme passioné par la poésie, l’économie politique qui était alors en plein essort, ainsi que les recherches archéologiques. En 1777, alors que le Comte de Provence voyage dans le Comtat Venaissin, Joseph François lui présente un mémoire d’histoire dans lequel il défend la thèse de l’attribution de la construction de l’Arc antique d’Orange au consul général romain Quintus Fabius Maximus. Il prévoit très tôt l’imminence d’un changement brutal en France et écrit alors dès 1789 un mémoire à destination des Etats-Généraux de France, intitulé : Seul et unique moyen de faire le bonheur des gens de la campagne. Dans ce mémoire, il avise de précieux conseils concernant la possibilité d’une transition démocratique au travers des anciennes instances féodales, avec une suppression progressive des privilèges au bénéfice des peuples. Lorsque les hordes française envahissent le Comtat Venaissin et que le peuple du Comtat Venaissin s’organise au sein de la Fédération de Sainte-Cécile en mars 1791, il est nommé Commissaire Général de la dite Fédération de Sainte-Cécile, et prend place aux dialogues au sein de l’Assemblée Représentative du Comtat Venaissin. En ces temps de troubles, il publie un mémoire intitulé : Observations politiques sur les affaires présentes d’Avignon et du Comtat. Il fait état des terribles actes commis par les hordes françaises dans le Comtat Venaissin et maintient son soutien pour la douceur et la légitimité du gouvernement papal dans le Comtat Venaissin. En avril 1791, il publie un autre mémoire intitulé : Benoit de la Pailhonne à Sabin Tournal et consors, salut et respect pour la vérité, dans lequel il se place comme le plus grand promoteur de l’importance de l’Union de Sainte-Cécile et du péril que constitue l’invasion et l’annexion française. Dans le même temps, Joseph François se voit honoré d‘une lettre de soutien et d’honneur de la part Cardinal Ministre d’Avignon, à propos des écrits qu’il a répandu à propos de la guerre civile et des troubles dans le Comtat Venaissin. Il restera fidèle au pouvoir comtadin toute sa vie durant, et il décède en 1800 à Orange. Une grande partie de sa décendance s’occupera des affaires communales de la Commune de Sérignan du Comtat, jusqu’au début du 20ème siècle.
  • François Escoffier (1750) :
  • Mme Chanprond () : Née sous le nom de de Gruel, originaire de Valréas, elle vint au secours du peuple comtadin durant la guerre civile d’annexion. Dès le début de l’année 1791 elle rejoinds les rangs de l’Union de Saine-Cécile et elle participe à la bataille de Tourreau le 19 avril 1791. Charles Cottier raconte que sa voix se fit entendre au travers tout le champs de baatail pour rallier les troupes comtadines lorsqu’elles se débandaient. Elle quitta le champs de bataille avec le détachement de Carpentras. Après cela, elle participa activement à la défense de la ville de Carpentras. On raconte qu’on la voyait souvent sur les remparts de Carpentras armée d’un fusil et qu’elle s’en servait avec énormément d’adresse pour mettre en fuite les brigands de l’armée française qui osaient s’aventurer aux abords de la ville. Elle quitta finalement la ville de Carpentras après juin 1791 et la fin du blocus de Carpentras par les troupes de l’armée française des brigands.
  • Marie Anne Arnaud () : Née à Avignon, au quartier du plan, elle épousa Antoine Feuillet, originaire de Velleron, et elle le suivit dans l’expédition de l’Union de Sainte-Cécile. Elle quitta ses habits traditionnels pour ceux des soldats et montra un grand courage au combat. À Sarrians, elle prit part aux combats avec beaucoup de force et de volonté, et lors du siége de Carpentras, elle se portait souvent volontaire pour prendre part aux détachements qui sortaient de la ville et s’en allaient combattre aux alentours. Elle fut souvent au front et fit face aux plus grands dangers de la guerre auprès de l’Union de Sainte-Cécile.
  • Canoniers Dupuy () : Commandant en chef de l’artillerie de Carpentras, membre de l’Union de Sainte-Cécile.
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Confrérie des Pénitents Noirs de la Miséricorde d’Avignon

La Confrérie des Pénitents Noirs de la Miséricorde, sous le titre de Saint Jean-Baptiste nait en 1588, du démembrement des Pénitents Noirs Florentins, sous l’impulsion de Pompée Catilina, Colonel de l’Infanterie du Pape à Avignon. Ses statuts sont approuvés en 1595 par l’Archevêque Tarugi. Les confrères portent assistance spirituelle et corporelle aux pauvres prisonniers et aux condamnés à mort. A partir de 1609, elle est affiliée à l’Archiconfrérie de la Miséricorde à Rome.

En 1596, le Pape Clément VIII accorde à la Confrérie le privilège de délivrer, le jour de la décollation de Saint Jean-Baptiste un condamné à mort. Paul V étend ce privilège à tous les jours de l’année, en 1617.

En 1681, le Vice-Légat Niccolini institue un hospice des insensés dont il confie la direction aux Pénitents Noirs de la Miséricorde. La construction de l’hospice débute en 1728 sur des terres acquis par les Pénitents entre leur chapelle et le Rocher des Doms. L’architecte Thomas Lainée, membre de la Confrérie, donna les plans de l’hospice comme ceux de la façade et du décor intérieur de la chapelle réalisés à partir de 1739.

La Confrérie des Pénitents Noirs obtint en 1745, du Pape Benoit XIV, la suppression des Confréries de Pénitents Bleus, Violets et Rouges de la ville d’Avignoon ; mais sur l’intervention des Pénitents Blancs, le Pontife revint sur sa décision et les rétablit entre 1747 et 1752.

Supprimée par la loi de 1792, lors de l’annexion du Comtat Venaissin, la Confrérie se reconstitue sous plus tard sous la Restauration française. Toutefois, si elle parvient à récupérer l’oeuvre des prisonniers, elle échoue dans ses tentatives pour reprendre le contrôle de l’hospice des Insensés, dont elle est définitivement écartée ; sa chapelle néanmoins lui est restituée et elle est conservée dans son intégrité.

La compagnie des pénitents noirs de la Miséricorde s’est cependant éteinte en 1948.

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Confrérie des Pénitents Gris d’Avignon

La Confrérie des Pénitents Gris d’Avignon tire son nom original d’une première compagnie créée sous le titre de la Confrérie de la Sainte-Croix au lendemain d’une prétendue célébration expiatoire conduite par Louis VIII, le siège de la ville d’Avignon. On dit ainsi qu’une immense procession du Saint-Sacrement partit de Notre-Dame des Doms vers une chapelle hors les murs dédiée à la Sainte-Croix. Le roi de france aurait ainsi marché en tête, revêtu d’un sac de pénitent, manifestant sa foi en la Présence réelle remise en question par les Albigeois occitan.

Dans le prolongement de ce geste de dévotion royal, un groupe de fidèles semble s’être constitué en Confrérie, sous le nom des disciplinés ou battus de la Croix, qui se trouva alors placée sous l’égide du couvent des frères mineurs établi aux alentours de la chapelle à partir de 1233.

En novembre 1433, alors que le Rhône et la Durance inondaient la ville, le gros des confrères parvinrent en barque à la chapelle. Arrivés dans la nef, il semble qu’ils aient assisté à la séparation des eaux, leur ouvrant un passage à pied jusqu’au Saint-Sacrement exposé au-dessus du tabernacle. Le miracle de la séparation des eaux, commémoré chaque année, conforta fortement l’élan de dévotion à l’adoration du Saint-Sacrement exposé dans la chapelle.

Par un acte daté de 1437, les Cordeliers cédèrent à la Confrérie la chapelle située dans un de leurs jardins, adossée à leur église ainsi que le droit de passage par une arcade ouverte entre l’église et une travée de la galerie ouest du cloître gothique. En 1577 un grand nombre d’aménagements furent exécutés dans cette chapelle : lambris, stalles et tabernacle de bois sculpté et peint.

Par la suitem la Confrérie fit l’acquisition d’une seconde travée dans la galerie du cloître, d’une partie du jardin comprise entre celle-ci et la chapelle ainsi qu’une large bande de terrain à l’emplacement de la galerie gothique qui rejoignait la Sorgue et permit en 1590 l’ouverture d’un chantier de construction. Cette campagne dura treize ans, pour l’agrandissement de la chapelle, la création d’une anti-chapelle ou dôme, et d’une chapelle des défunts confrères.

En novembre 1606, le pape Paul V affilia la Confrérie des Pénitents gris d’Avignon à l’Archiconfrérie du Très-Saint-Sacrement de Rome, établie à Sainte-Marie Majeure.

De 1607 à 1611 fut réalisé le décor de l’ensemble monumental. Quatre peintres œuvrèrent successivement : Jean Chalette et Jean Serre dans le dôme, Jean Duplan et Quirinus de Banqui (Van Banken) dans la chapelle. L’entreprise de construction se prolongea de 1625 à 1643 par l’adjonction d’un vestibule dit allée et d’une sacristie. Ces réalisations manifestaient, au milieu du XVIIe siècle, tant la prospérité de la prestigieuse Confrérie que son affranchissement de l’emprise du couvent des Cordeliers.

Dissoute en 1792, lors de l’annexion du Comtat Venaissin, la Confrérie des pénitents gris se reconstitua dans les premières décennies du XIXème siècle. Elle recouvra alors la possession de sa chapelle, et elle s’employa à la restaurer et l’embellir, grâce à des dons. Elle est aujourd’hui une des seules Confrérie de Pénitents en activité à Avignon.

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Confrérie des Pénitents Bleus

Treize ans après la fondation de la Confrérie des Pénitents Blancs, en 1547, un groupe de confrères quitte la cette Confrérie pour fonder la Confrérie des Pénitents Bleus. Avec le soutien du cardinal de Lorraine, ils arrivent à établit la Confrérie des Pénitents Bleus sous le nom de Notre-Dame de Pitié dans la chapelle Notre-Dame de Fenouilhet près de la porte de la Ligne d’Avignin. Par la suite la Confrérie obtient un terrain dans l’enclos du couvent des Grands Carmes où ils construisent une chapelle.

Après les troubles de la guerre civile entre Pévoulins et des Pessugaux, seize confrères quittent la Confrérie des Pénitents Bleus pour fonder celle des Pénitents Violets en 1662.

Après la temporaire suppression des Confréries de Pénitents en 1745, la Confrérie des Pénitents Bleus est rétablie deux ans plus tard et perdura jusqu’à l’annexion du Comtat Venaisain.

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La Confrérie des Pénitents Blancs d’Avignon

La confrérie des pénitents blancs d’Avignon fut fondée en 1527 par treize notables originaires d’Avignon. sous le noms des Cinq plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ.

A ses débuts, la Confrérie fut accueilli par le couvent des Carmes, puis elle s’établit en 1532 au couvent des frères prêcheurs. La chapelle des Pénitents qui est adossée à l’église conventuelle, est consacrée en 1559.

En 1561, la Confrérie des Pénitents Blancs d’Avignon est associée aux oeuvres de l’ordre des Dominicains à Avignon. Après que Charles IX, roi de France ait rejoint la Confrérie en 1564, Henri III, roi de France, se fait admettre au sein de la Confrerie avec l’ensemble de ses familiers en 1574. La Confrérie s’agrège finalement à l’archiconfrérie des Cinq plaies érigée en la basilique Saint-Pierre de Rome en 1596.

Pierre II Mignard s’attela au dessin des boiseries, stalles et lambris de la chapelle dont la sculpture fut donnée à Jean Péru en 1679. La Chapelle de la Confrérie des Pénitents Blancs d’Avignon était alors considérée comme la plus richement ornée de toute la ville. La chapelle s’embellit encore d’un ensemble de peintures de Parrocel et de Mignard (Pierre II) dont quatre toiles sont aujourd’hui conservées au musée Calvet d’Avignon.

C’est la suppression générale des congrégations et communautés religieuses en 1792, lors de l’annexion du Comtat Venaisain, qui marque la fin de la Confrérie des Pénitents Blancs d’Avignon dont la chapelle est dévastée en même temps que le couvent des Prêcheurs.

La Confrérie sera pourtant reconstituée sous la Restauration française, et elle s’établira dans les murs de l’église Notre-Dame la Principale acquise, à l’exception du choeur, par l’un de ses membres.

La confrérie s’est finalement éteinte en 1948, et l’ensemble de ses biens furent remis à la paroisse Saint-Didier par son dernier recteur.

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Confrérie des Monnayeurs d’Avignon

Au cours du XVIème siècle, les ouvriers et monnayeurs d’Avignon semblent se regrouper en Corps de maîtrise, sous la direction d’un maître ou prévôt de la monnaie, en charge de la frappe des monnaies pontificales.

C’est Jérôme Bourdin (ou Bordin) qui occupa cette fonction durant 50 ans de 1534 à sa mort en 1595. Les Parlements du Corps des monnayeurs sont consignés dans des cahiers tenus par un secrétaire de la monnaie, désigné par ces derniers. Les ouvriers monnayeurs sont reçus par le corps, certains comme fils de maîtres, d’autres par grâce du Légat qui nomme par lettres ; le droit d’entrée pour un monnayeur de grâce est trois fois plus élevé que la somme réclamée aux monnayeurs reçus par droit d’hérédité. Ces monnayeurs font leur chef d’oeuvre. Le parlement des monnayeurs statue sur les réceptions, sur les affaires générales, sur des plaintes, sur la visite des « boites » des monnaies fabriquées et sur des sujets pour lesquels le prévôt général peut les convoquer. Ce dernier, nommé par le Légat, assure le contrôle du corps et de ses activités.

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Confrérie des Orfèvres du Comtat Venaisain

Il est attesté par des statuts de 1590 qu’une Confrérie sous le patronage de saint Éloi réunit les orfèvres de Carpentras au moins depuis le XVIème siècle.

Cependant, l’organisation d’un Corps ou Collège des Orfèvres de Carpentas et du Comtat Venaissin date du XVIIIème siècle, à partir de la publication du règlement du Vice-Légat d’Elci d’avril 1724 qui concerne non seulement les orfèvres du Comtat Venaissin, plus particulièrement ceux d’Avignon, de Carpentras et de Cavaillon.

En septembre 1745, des orfèvres de Carpentras décident de mettre leur profession en maîtrise, ainsi ils se réunissent lors d’une assemblée tenue en décembre 1746, ils sont une vingtaine à élire les nouveaux prieurs de la Confrérie de Saint-Éloi et à rédiger de nouveaux statuts en 17 articles, qui fixent le fonctionnement, les cotisations, les conditions d’accès à la maîtrise ainsi que les exonérations pour les fils de maîtres. Ces statuts sont enregistrés à la Rectorie du Comtat Venaisain en mai 1747, puis approuvés directement par le Pape par un bref en décembre 1758.

Le collège regroupe les maîtres orfèvres de Carpentras (13 en 1747), mais aussi ceux de Cavaillon (5), l’Isle (3), Valréas (2), Bollène (2), Malaucène et Piolenc (1). Lors de l’annexion du Comtat Venaisain, ils sont presque une cinquantaine de maîtres à exercer dans le Comtat. On relève quelques dynasties comme celles des Bouchtay, Guigue, Rouvière, Vilhet à Carpentras, des Ballet et Guilhermier à Bollène, des Daigremont à Cavaillon, des Manuel à l’Isle-sur-la-Sorgue, des Juge à Valréas.

Le Corps des Orfèvres du Comtat Venaisain fut maintenu sous l’occupation française de 1768-1774, mais il est supprimé en 1791.

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Collège des Notaires d’Avignon

Le Collège des Notaires d’Avignon fut érigé par une bulle du Vice-Légat Petrucci datant de mars 1590 qui en confia la direction aux 12 notaires des plus anciens de la ville, chargés de désigner de manière annuelle un Recteur. Les statuts, furent rédigés en congrégation en mars 1592, en instaurant également un « Archivium ».

Le nombre primitif de 12 Notaires fut élargi à l’ensemble du corps des notaires et greffiers. Le collège procédait à l’examen des candidats au notariat, s’assurait de leurs compétences et connaissances, et après un examen, se prononçait sur leur admission. Le Recteur du Collège décernait ensuite chaqur lettre de nomination. En 1769, la réorganisation du Notariat par le roi de France lors de la 3ème occupation française du Comtat Venaisain, confirma l’existence de la Communauté des Notaires d’Avignon mais en limita sa composition aux quinze notaires formés et héréditaires.

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Introduction au droit dans le Comtat Venaissin

Le droit dans le Comtat Venaissin était régi par ce que l’on appelle les Statuts du Comtat Venaissin, qui regroupent un ensemble de textes législatifs et de décisions prisent par l’administration comtadine afin de fixer les questions du droit coutumiers qui était alors en vigueur dans tout le Comtat Venaissin. Au court des siècles, l’ensemble de ces textes furent réunis et classés dans différents ouvrages réalisés entre le 16ème et 17ème siècle, fixant définitivement le droit dans le Comtat Venaissin.

La première tentative de rassemblement du droit coutumier comtadin au travers d’un texte fut celle du Recteur Guillaume de Villaret en mars 1275 et janvier 1276, régissant notamment l’activité des notaires, certaines questions de procédure judiciaire et quelques points spécifiques comme les chemins ou la réglementation communale. A ces premiers efforts s’ajoutent ceux du Recteur Raymond Guilhem, qui à la suite d’une Assemblée des Représentants du Comtat Venaissin en 1310, présenta le tout sous la forme de deux ordonnances, relatives aux transactions et achats de biens fonciers, et à l’obligation faite aux notaires de sceller leurs acte de la bulle du Comtat Venaissin.

En 1338, le Recteur Pierre Guilhem convoqua une nouvelle Assemblée des Représentants du Comtat Venaissin afin d’instaurer les prémices de nouveaux Statuts, qui se présentèrent sous la forme de 16 articles, concernant exclusivement les officiers et les notaires. Mais c’est en 1364 sous l’égide du Recteur Philippe Cabassole que furent rédigé les premiers Statuts du Comtat Venaissin, après avoir été validé par les Etats du Comtat Venaissin. En 1389, le Recteur Henri de Sévery reprends et refonds les Status du Comtat Venaissin, et les édite à nouveau après validation des Etats du Comtat Venaissin.

A ces Statuts qui avaient maintenant pris forme, furent incorporés des réglements particuliers, comme par exemple le réglement du Recteur Jean de Poitiers en 1412, concernant le pacage des troupeaux dans les terroirs de Pierrelatte, Lapalud et Bollène, puis dans tout le Comtat Venaissin.

Le Légat Pierre de Foix, au pouvoir de 1432 à 1464 marqua de sa patte le droit dans le Comtat Venaissin au travers des « Statuts du cardinal de Foix », qui venant s’ajouter aux Status du Comtat Venaissin apporte des compléments notables concernant la procédure civile et criminelle.

Le Légat Julien della Rovere, au pouvoir de 1476 à 1503, réforma une grande part de l’administration du Comtat Venaissin, en faisant notamment compléter par 3 fois les Status du Comtat Venaissin.

Les Statuts du Comtat Venaissin de 1558.

La première véritable édition imprimée des Statuts du Comtat Venaissin fut imprimée en 1511 sous le nom de Statuta Comitatus Venayssini, sous la direction du notaire Romain Philieul. La première traduction en français de ces Statuts fut celle de Vasquin Philieul en 1558, à la demande des Etats du Comtat Venaissin et du Vice-Légat Sala, cette version fait l’ajout d’un nombre important de règlements et de bulles pontificales.

Il est à noté la tentative de refonte effectuée par le Recteur Pompeo Rocchi en 1590, qui fut effectuée avec nombre important de grands juristes du Comtat Venaissin. Cette refonte des Statuts prenaient en compte le droit savant que la coutume du pays, et malgré son approbation par le Pape Clément VIII, dans les faits cette refonte ne fut jamais exécutée et prise en compte par les juristes comtadins, de par le fait que cette refonte présentait des risques face à la coutume comtadine déjà bien établie. C’est ainsi que les Statuts subsistèrent sous leur forme imprimée en 1558, et ne fut modifiée que par l’ajout de quatre règlements et ordonnances des Légats et Vice-Légats, que reprend la troisième et dernière édition imprimée, en 1700.

En 1741, à la demande des Etats du Comtat Venaissin, le juriste Joseph-François Bonet de Saint-Bonet, s’attela à une de nouvelle traduction et d’édition commentée et annotée des Statuts, cependant le résultat de ses travaux extrêmement exhaustifs demeura inutilisé suite aux critiques de l’avocat général de la chambre apostolique qui souhaitait un maintien du texte de 1511.

Cette introduction au droit dans le Comtat Venaissin s’appuie sur une note de recherche de Bernard Thomas, responsable des fonds anciens aux Archives Départementales.

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